Ce matin, c'est la voix de l'écrivain Frédéric Beigbeder qui nous aide à dissiper l'épais brouillard, les encres noires qui se renversent et les bons à l'envers ... Ami, allume ton poste à galène! Vite, ça commence! Mais juste avant, buvons à la santé de nos amours, surtout si elles sont malheureuses !

Ecrivain, critique littéraire, réalisateur et animateur de télévision français.

Frédéric Beigbeder
Frédéric Beigbeder © Radio France

Passioné de littérature, d'auteurs torturés sensibles et fantasques, Frédéric Beigbeder publie son premier roman, Mémoire d'un jeune homme dérangé , à 25 ans. Il poursuit avec Vacances dans le coma (1994) et L'amour dure trois ans (1997) avant de signer son plus gros succès avec99 francs en 2000 (depuis réintitulé 14,99 €). L’auteur a obtenu en 2003 le prix Interallié pour Windows on the World et en 2009, le prix Renaudot pour son livreUn roman français . Au cinéma, Frédéric Beigbeder a tenu de petits rôles, avant de passer à la réalisation en adaptant son romanL'amour dure trois ans en 2012. Ce dandy parisien est également le fondateur et président du jury du Prix de Flore depuis 1994. Il est aussi membre du jury du Prix Renaudot depuis 2011. De 2003 à 2006, il a été éditeur pour le compte de Flammarion, ainsi que directeur littéraire de la revue littéraire Bordel durant la même période. Enfin, après avoir officié pendant des années comme chroniqueur littéraire ou mondain (Canal +, France Inter, Paris Première, VSD, Paris Match, Lire…), Frédéric Beigbeder succède en 2012 à François Nourissier au Feuilleton littéraire du Figaro Magazine. Le 4 septembre 2013, il relance le magazine Lui. Frédéric Beigbeder anime également l’émission de cinéma Le Cercle, chaque vendredi soir sur Canal +. Son dernier ouvrage,Oona et Salinger, vient de sortir chez Grasset .

Les Remèdes de Frédéric Beigbeder

Les poèmes de Paul-jean Toulet, Les Contrerimes

Podium : la scène où Benoît Poelvoorde parle aux clodettes : « Cloclo tous les matins, il faisait son yogging »

“Here comes the sun”, The Beatles

“At last”, Etta James

“Scarborough Fair”, Paul Simon and Garfunkel

Lire Cioran, les penseurs les plus pessimistes, les plus mélancoliques, tellement désespérés qu’ils remontent le moral. Lire et manger des pistaches allongé dans un hamac.

Gaspard Proust. Quand il parle des relations homme - femme. Récemment chez Thierry Ardisson : « Cette semaine, ça s’est arrangé avec ma nana, elle avorte. »

« Vivre est une maladie dont le sommeil nous soulage toutes les seize heures. » Chamfort

Une poêlée de cèpes

Le Gin Tonic.

"Les demoiselles de Rochefort"

« Paul Durand-Ruel, le pari de l’impressionnisme » au Musée du Luxembourg : les jeunes filles qui ont de bonnes joues roses dans les peintures de Renoir.

La plage de Guéthary.

La chose à éviter à tout prix

Les camemberts avec du blanc à l’intérieur

Une macédoine de légumes (les petits pois et carottes dans la crème froide)

Les gens qui déjeunent sur des parkings, au milieu des voitures.

Les espaces de pique-nique dans les aires d’autoroute.

La gourmandise - fantôme d'Eva Bester

"Camées parisiens" de Théodore de Banville , "Les introuvables", L'Harmattan

LA FEMME AU PERROQUET

Tout le monde a vu passer dans les rues du quartier latin une femme, quelque chose, un fantôme dont l’aspect inouï vous prend aux cheveux et vous traîne vivant dans la vague nuit du Rêve. La tête étroite, terreuse — elle est coiffée d’un vaste chapeau qui a dû appartenir à madame de Cayla, — est d’une invraisemblance shakspearienne (le crâne a disparu, usé sans doute par la lime du temps !) et s’est réduite à la simplicité des bonhommes au trait que dessinent les enfants épris de chimère. L’œil regarde où regardent les yeux des statues. Le corps: un piquet sur lequel flotte un tas de haillons divers, devenus harmonieux à force de traîner dans la pluie du ciel ! Et sur sa main, couleur de terre brune, d’où toute chair est bannie, cet Etre impersonnel porte un perroquet, un perroquet vivant qui, peut-être, a baisé les lèvres roses de la Pompadour. Oh ! quelle ode triomphante à la gloire du Superflu , cet oiseau de flamme et d’émeraude promené par cette ombre qui, elle-même, n’existe pas, et qui a un oiseau.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.