Des médecins qui tuent !… Des praticiens qui assassinent impunément, protégés par leur symbolique blouse blanche !… L’idée fait frémir. Et, en 1953, au pays des Soviets, elle a fait effectivement peur ! Car on y a cru. On y a cru d’autant plus que ces médecins tueurs étaient pour la plupart juifs. L’antisémitisme latent dans la population russe ne demandait qu’à se réveiller… Ne disait-on pas autrefois que les Juifs commettaient des crimes rituels, volaient et assassinaient des enfants ? Aussi, la publication du communiqué de l’agence Tass annonçant l’arrestation d’un groupe de médecins-saboteurs appartenant aux services d’espionnage judéo-américains, accusés d’avoir tué deux dirigeants du régime et soupçonnés de préparer l’assassinat de plusieurs autres, fait-elle l’effet d’un choc. Tout de suite après on note ici et là – et surtout en Ukraine – des manifestations spontanées d’antisémitisme… Des enfants juifs sont battus par leurs camarades d’école, des adultes sont insultés par leurs collègues de travail. Et la population juive semble prise de panique… Deux mois plus tard, Staline meurt. Les médecins sont libérés. Et bientôt un communiqué officiel an-nonce qu’ils ont été accusés à tort. Ils sont réhabilités. Le complot des Blouses blanches a vécu. Monsieur X a donc choisi cette semaine d’évoquer cette troublante affaire dont on ne connaît toujours pas les ressorts. Pourquoi en effet Staline a-t-il choisi sciemment d’utiliser le poison de l’antisémitisme, alors même qu’il avait été quelques années plus tôt l’un des principaux artisans de la création de l’Etat d’Israël ? Alors quel était son véritable dessein ? Était-il lui-même antisémite ? Et, plus largement, quels ont été les rapports entre le pouvoir stalinien et la population juive de l’ex-l’URSS ?

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