Il est un peu plus de minuit quand le téléphone sonne dans la caserne des carabiniers de Peteano, une bourgade du Frioul, proche de la frontière yougoslave. On est le 31 mai 1972, exactement. Et la nuit est belle. Le brigadier de garde Antonio Ferrari décroche. A l’autre bout du fil, un correspondant anonyme lui signale la présence suspecte d’une Fiat 500 blanche stationnée dans les environs de la petite ville. Sans doute une voiture volée. Puis il raccroche. L’Italie connaît alors une période troublée. Les Brigades rouges ont commencé à semer la terreur. Et l’extrême droite complote. Aussi, bien que Peteano soit une ville particulièrement tranquille, Ferrari, accompagné de deux autres carabiniers, décide d’aller voir sur place. La Fiat se trouve bien là où le correspondant anonyme l’a indiqué. Le brigadier et ses deux collègues tournent autour de l’auto. Puis ils se décident à vérifier si la Fiat est fermée. L’un des carabiniers ouvre le coffre. Et c’est l’explosion, énorme. Les trois policiers sont pulvérisés, tués sur le coup. Dix ans passent. L’enquête ne progresse guère. Bien au contraire. Même les grands chefs des carabiniers ne semble guère pressés de découvrir qui a massacré trois de leurs subordonnés. Mais le dossier arrive enfin sur le bureau d’un petit juge obstiné, Felice Casson. Le magistrat tire fil après fil. Et huit ans plus tard, en 1990, il rend publiques ses conclusions. C’est un véritable coup de tonnerre dans le ciel politique italien. L’opinion découvre l’existence d’un réseau paramilitaire clandestin proche de l’extrême droite, Gladio. Une organisation anticommuniste qui été créée avec la bénédiction de la démocratie chrétienne dès la fin de la deuxième Guerre mondiale. Un mouvement enfin qui a perpétré de nombreux attentats et assassinats et dissimulé des caches d’armes un peu partout en Italie. Mis en accusation, le pouvoir doit s’expliquer. D’autant que le président de la République, lui-même, Francesco Cossiga, semble compromis. Alors le président du conseil, Giulio Andreotti, consent à s’expliquer devant la parlement. Il reconnaît l’existence de Gladio, tout en minimisant l’importance du réseau. Il n’en est pas moins obligé de prendre la décision de le dissoudre… Mais surtout, à l’occasion de ces révélations et de l’enquête du petit juge italien, on découvre que c’est une véritable toile d’araignée qui couvrait une bonne partie de l’Europe et qui avait souvent infiltré les services secrets. C’est l’histoire de cette mystérieuse imprégnation que Monsieur X a choisi cette semaine de raconter… Une histoire qui nous concerne aussi au premier chef, nous, Français.

programmation musicale

Rob Dougan

Clubbed to death label: BMG### Bernard Lavilliers

3èmes couteaux album: Champs du possiblelabel: Barclayparution: 1994### Padano di Piadena (chants traditionnels italiens)

La lega label: Harmonia Mundi

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