Eric Holder, ministre de la justice des Etats-Unis lors d'une conférence de presse en janvier 2010 sur les détenus de Guatanamo
Eric Holder, ministre de la justice des Etats-Unis lors d'une conférence de presse en janvier 2010 sur les détenus de Guatanamo © United States Department of Justice / United States Department of Justice

Le chiffre est inquiétant. Surtout si l’on prend en compte tous les espoirs que l’élection deBarack Obama avait suscités après une double présidence Bush particulièrement calamiteuse… Mais il faut regarder la vérité en face : l’administration Obama a recouru huit fois àl’Espionage Act pour poursuivre des journalistes ou des lanceurs d’alerte alors que ses prédécesseurs ne l’avaient utilisé que trois fois en un siècle ! Et bientôt, James Risen , un célèbre journaliste, prix Pulitzer, risque de connaître la prison pour avoir refusé devant la Justice de trahir ses sources…

S'agit-il d’une dérive ? Et peut-être même d’une grave atteinte au 1er amendement de la Constitution états-unienne qui garantit à tous les citoyens la liberté d’expression ? Ou bien n’est-ce que la conséquence extrême d’un système qui, sous prétexte de patriotisme ou de chasse au terrorisme, soumet désormais, et de plus en plus, tous les Américains à une étroite surveillance supervisée par les grandes agences de renseignement ? Et qui tend à criminaliser tous ceux qui, au nom des valeurs démocratiques et des droits de l’Homme, osent dénoncer les erreurs, les fautes du gouvernement et des administrations ou la puissance tentaculaire de ces organismes qui font fi de la vie privée.

Monsieur X ouvre le dossier. Il revient bien sûr sur les mésaventures récentes des whistleblowers , comme on appelle les lanceurs d’alertes. Et explique pourquoi James Risen pourrait bientôt finir en prison.

A lire et à voir : le livre de Jeremy Scahill,Dirty Wars, le nouvel art de la guerre . Ce journaliste américain, digne héritier de James Risen, fait le récit minutieux et sans concession de la guerre secrète et planétaire qui a été déclenchée par la Maison Blanche après le 11 septembre au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est paru cet été aux éditions Lux et ça se lit comme un thriller !

Et pour illustrer l’enquête de Scahill, jetez un œil sur la toute nouvelle saison - la quatrième - de la palpitante série américaine Homeland : attaques de drones, assassinats ciblés au cœur du Pakistan, tout y est.

Les liens

Pourquoi il faut regarder la saison 4 de "Homeland" Un article du magazine Les Inrocks, 8 octobre 2014

James Risen 's "pay any price" Un article du New York Times du 15 octobre 2014 sur le dernier livre de James Risen

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