"Le plus grand désastre de l'histoire de la dé-fense nationale !" Ainsi titrent les journaux américains après l'arrestation en 1994 de l'espion Aldrich Ames, une taupe introduite à la CIA et qui travaillait pour les Soviétiques puis pour les Russes depuis de nombreuses années… La semaine passée, dans la première partie de l'entretien que Monsieur X m'a accordé, nous avons passé en revue toutes les invraisemblances de cette affaire… Ou plutôt de la version officielle de cette affaire, telle qu'elle a été livrée au public par la CIA et le FBI… Et même par Aldrich Ames en personne. Puisque de sa cellule - je rappelle qu'il a été condamné à la prison à vie - l'espion a accordé des interviews. Sous la surveillance d'un agent de la CIA, quand même ! Prisonnier, Ames demeure sous contrôle de l'agence ! A-t-on peur qu'il dise sa vérité ? Une vérité qui risquerait d'embarrasser les responsables de la CIA, selon Mon-sieur X ! Alors, avant de diffuser la suite de cet entretien, je résume… En 1983, Aldrich Ames, fonctionnaire subalterne de la CIA, alcoolique et paresseux, est soudain propulsé à la tête du département de contre-espionnage de la CIA… C'est un des postes les plus sensibles de l'agence. Pourquoi ? Parce les chasseurs de taupe, pour être efficaces, doivent tout savoir et avoir accès à tous les fichiers ! On peut donc légitimement s'interroger sur la promotion inespérée d'Aldrich Ames… Monsieur X a son idée. J'y reviens tout de suite… En 1985, le chasseur de taupes devient une taupe à son tour… A court d'argent, il se rend à l'ambassade soviétique de Washington et il offre ses services… Contre des millions de dollars, il trahit et dénonce plusieurs espions américains qui opèrent en URSS. Les dégâts sont inestimables pour la CIA… Plus surpre-nant encore, malgré ses négligences, ses imprudences, Ames, qui fait partie des suspects possibles, passe à travers les mailles du filet. Et il ne sera donc démasqué et arrêté en 1994. On trouvera chez lui des preuves accablantes de sa trahison ! Voilà donc la version officielle. La partie visible de l'iceberg, en somme ! Mais l'affaire dissimule bien d'autres secrets. Et le premier d'entre eux, c'est bien sûr l'explication de la nomination-surprise de l'espion à la tête du contre-espionnage de la CIA… La semaine passée, Monsieur X m'a donné deux pistes. D'après lui, il travaillait pour le KGB bien avant 1985 et les So-viétiques, en lui livrant des informations de première main, lui ont permis de briller auprès de ses supé-rieurs, et d'accéder à ce poste convoité. Deuxième explication, nullement contradictoire avec la première : Ames était protégé au sein de la CIA. C'est pourquoi il ne s'est fait pincer qu'en 1994. Mais, même ces explications ne résolvent pas toutes les questions que pose cette affaire mystérieuse…

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.