Ils ont été les premiers ! Mais il faudra encore attendre neuf ans avant que le mur, miné par ces pionniers, ne finisse par s’écrouler tout entier… Mais, pendant cinq cents jours, en 1980-81, les Polonais ont pu croire qu’ils avaient gagné et que la brèche qu’ils avaient creusée ne pourrait plus jamais être refermée. Cinq cents jours de liberté et d’euphorie après des décennies de grisaille… Et puis soudain le retour de bâton et la loi martiale imposée par un général aux lunettes fumées. Mais Wojciech Jaruzelski, en imposant la dictature militaire, n’avait-il pas épargné le pire à son pays ? Le pire, c’est à dire une intervention des blindés de l’Armée rouge ! Comme à Berlin en 1953, comme à Budapest en 1956 ou à Prague en 1968… La question fait toujours débat. La controverse est d’autant plus brûlante qu’on sait aujourd’hui que, grâce à des informations recueillies à la meilleure source, les leaders syndicaux de Solidarité, mais aussi les puissances occidentales, n’ignoraient rien des desseins les plus secrets des dirigeants communistes. Bref, n’a-t-on pas assisté de part et d’autre à une sorte de double-jeu ? La réponse de Monsieur X dans un instant. Déjà, dans la première partie de cet entretien, il a décrit la montée en puissance de l’opposition polonaise… Une contestation en partie orchestrée, au moins au début, par une Eglise catholique aiguillonnée par l’élévation au pontificat de Jean-Paul II, premier pape slave de l’Histoire. Mais derrière, il y avait aussi toute une cohorte d’intellectuels et d’ouvriers qui ont courageusement et pacifiquement construit un mouvement unique dans le monde clos de l’ex-Empire soviétique !

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