Il n’a jamais cessé de clamer son innocence. Et il est devenu malgré lui un symbole des déchirements de l’Italie des « années de plomb »… C’est à dire de ces années 70 où la péninsule a vécu au rythme des attentats terroristes perpétrés par l’extrême droite puis par l’extrême gauche. Au total, 12.690 attentats et 362 morts. Et derrière, probablement, une machiavélique stratégie de la tension qui visait à déstabiliser la démocratie italienne.

Cesare Battisti
Cesare Battisti © Radio France / José Cruz

Cet homme, c’est Cesare Battisti… Un ancien terroriste d’extrême gauche, réfugié en France où il pensait bénéficier à jamais de ce que l’on a appelé la « doctrine Mitterrand » aux termes de laquelle notre pays accordait l’hospitalité aux militants révolutionnaires italiens qui avaient renoncé à l’action violente. Cesare Battisti, qui a refait sa vie en France et qui, tout en étant gardien d’immeuble, a écrit une dizaine de romans policiers à succès. Cesare Battisti qui, sans doute à cause de son talent de plume, a aussitôt été soutenu par de nombreux intellectuels français dès lors que les autorités italiennes ont réclamé son extradition en alléguant sa responsabilité directe dans quatre homicides.

La suite, vous la connaissez certainement : emprisonné en France puis remis provisoirement en liberté en attendant la décision de la Justice, Battisti a préféré fuir au Brésil où il a été retrouvé trois ans plus tard et aussitôt arrêté en vertu du mandat d’arrêt délivré par la Justice italienne.

Depuis, en juin dernier, après quatre ans d’incertitude, la Cour suprême brésilienne a décidé de le libérer au motif que l’incrimination de Battisti était d’abord politique… Ce qui a provoqué l’indignation du gouvernement Berlusconi mais aussi d’une large partie de l’opinion italienne. D’ailleurs, Rome entend introduire un recours auprès de la Cour internationale de Justice de La Haye…

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