Aux premiers temps de l'occupation allemande, les communistes français ont-ils réellement pris contact avec les autorités allemandes afin de demander la reparution de l'Humanité ? Et, plus généralement, la légalisation du Parti Communiste dissous en septembre 1939 par le gouvernement Daladier ?

Le ministre de l'Information, Ludovic-Oscar Frossard, l'un des fondateurs du parti communiste français le 29 décembre 1920 dont il fut le premier secrétaire général, photo de1940
Le ministre de l'Information, Ludovic-Oscar Frossard, l'un des fondateurs du parti communiste français le 29 décembre 1920 dont il fut le premier secrétaire général, photo de1940 © AFP / STF

Ce fut longtemps une question mystérieuse, et aussi très polémique. Est-ce que, aux premiers temps de l'occupation allemande, les communistes français ont réellement pris contact avec les autorités allemandes afin de demander la reparution de l'Humanité et, plus généralement la légalisation du parti communiste dissous en septembre 1939 par le gouvernement Daladier ?

Aujourd'hui, on le sait, et les communistes l'ont reconnu et même ouvert leurs archives, ces contacts ont bien eu lieu, même s'ils n'ont été suivis d'aucun effet. En tout cas, la question était suffisamment embarrassante pour que, pendant de longues années, le PCF ait nié vigoureusement ces faits et imposé le silence. 

Il était en effet difficile pour le parti des 75 000 fusillés - le chiffre est exagéré mais le sacrifice des communistes est bien réel - de reconnaître que certains de ses dirigeants avaient au cours de l'été 1940 conduit de véritables négociations avec l'occupant. Difficile aussi d'admettre que le Parti, fer de lance du combat antifasciste pendant les années 30, était prêt à, sinon collaborer mais au moins passer sans hésiter sous les fourches caudines de l'ennemi.

Pour expliquer ces errements, il faut bien sûr regarder du côté de Moscou qui dirige le parti communiste français par l'intermédiaire du Komintern, l'Internationale communiste. Moscou où, à la fin août 1939, on a signé un pacte de non-agression avec l'Allemagne hitlérienne. Un pacte assorti de clauses secrètes qui prévoit entre autres le dépeçage de la Pologne. 

Ce spectaculaire rapprochement entre les deux puissances de l'Europe orientale déchire les communistes du monde entier et provoque indirectement la dissolution du Parti Français et l'arrestation de ceux de ses dirigeants qui ne sont pas encore passés dans la clandestinité. Mais certains d'entre eux, arrêtés par la police, seront libérés dès le mois de juin, à la demande des autorités allemandes. Le commencement d'un coupable engrenage ?

Monsieur X revient sur ce dossier sulfureux et ses aspects humains les plus douloureux, mais aussi sur les motivations les plus secrètes des uns et des autres...

Programmation musicale

  • Léo Ferré  Est-ce ainsi que les hommes vivent ? 
  • Patrick Saussois et Dominique Vernhes  Nano

Bibliographie

Quand le PCF négociait avec les nazis, article Le Monde, 9 décembre 200

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