Combien vaut la capture d’un trafiquant de drogue ? Cher, parfois beaucoup trop cher. En 1989, la prise de « Tête d’Ananas », autrement dit Manuel Antonio Noriega, a coûté la vie de 25 soldats américains, celle de centaines de Panaméens et provoqué des dégâts chiffrés à un milliard et demi de dollars ! C’était évidemment démesuré, disproportionné. Et c’est pourquoi Monsieur X s’est intéressé à cette affaire qui concerne aussi la France, nous le verrons… Car, si, incontestablement, Noriega a été mêlé au trafic de drogue entre la Colombie et les États-Unis, les Américains avaient sans doute d’autres bonnes raisons pour mettre la main sur le dictateur panaméen… Un rappel historique avant d’écouter Monsieur X… C’est en 1881 que Ferdinand de Lesseps qui vient de construire le canal de Suez envisage le percement d’un autre canal dans l’isthme de Panama. Un ouvrage qui ferait l’économie du passage par le terrible Cap Horn. Les travaux, pharaoniques, commencent. Mais un scandale politico-financier met fin aux espérances de Lesseps. L’idée est reprise par les États-Unis, qui seraient naturellement les principaux bénéficiaires de la construction de cet ouvrage permettant de relier l’ouest et l’est du continent par la voie maritime. En 1903, le président Théodore Roosevelt suscite la sécession du Panama qui était alors partie inté-grante de la Colombie. Tout de suite après, le Panama, désormais protectorat américain, concède aux Etats-Unis une bande de terrain de 16 km de large. Une concession à perpétuité ! Onze ans plus tard, le canal interocéanique est inauguré. En 1939, le Panama cesse d’être un protectorat pour devenir un Etat indépendant. Mais le canal demeure sous le contrôle des Américains. 1968, un putsch porte au pouvoir le général Omar Torrijos. Populiste et nationaliste, celui-ci conteste aussitôt la mainmise américaine sur le canal et ses installations. Et, en 1977, il obtient satisfaction et signe un traité avec le président Carter : en 1999, la concession américaine prendra fin, le canal sera remis au Panama. Quatre ans après, Torrijos trouve la mort dans un accident d’avion. L’un de ses collaborateurs, Manuel Antonio Noriega, responsable des services secrets puis chef de l’armée, devient l’homme fort du pays, même si des présidents fantoches exercent officiellement le pouvoir. Noriega, brutal et sanguinaire, n’en entretient pas moins des rapports très étroits avec les États-Unis, principal partenaire économique d’un pays où le dollar est la monnaie officielle. Toutefois, en 1988, deux grands jurys américains inculpent Noriega pour trafic de drogue. Le dictateur panaméen devient soudain infréquentable. Mais comment le chasser ?

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Bernard Lavilliers

L'or des fous label: Barclay### Manu Chao

Me gustas tu label: Virgin### Duke Ellington/Lichtenberg

El Duke label: Klein Records

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