On l’a appelé le Plan Condor ! Une internationale de la terreur ! La collaboration secrète entre les polices de plusieurs pays d’Amérique du Sud pour mieux traquer opposants et dissidents… Ce pacte aurait été conclu en 1975. Mais, nous l’avons vu avec Monsieur X, la semaine passée, c’est dès 1960 que s’ébauche cette internationale des pays du Cône sud de l’Amérique sous l’égide des services secrets américains… Washington craint en effet que la vague révolutionnaire née de la victoire de Fidel Castro à Cuba ne déferle sur tout le continent. Le premier, le président Eisenhower, crée un organisme, l’Office de Sécurité publique, chargé de former et instruire les polices latino-américaines afin de mieux lutter contre la subversion. Il s’agit alors, selon Monsieur X, d’implanter un véritable réseau contre-révolutionnaire, un peu à l’image de l’organisation anticommuniste Gladio créée en Europe après la deuxième guerre mondiale. Les spécialistes américains vont s’inspirer des méthodes coercitives utilisées par les militaires français en Indochine et surtout en Algérie, en particulier lors de la Bataille d’Alger. Mieux, des officiers français, appartenant souvent à nos services spéciaux, sont envoyés aux Etats-Unis ou en Argentine où ils enseignent les théories de la guerre psychologique et anti-subversive. Des missions qui ont naturellement reçu l’aval de Paris. Parmi ces instructeurs très particuliers, un certain Aussaresses qui fera parler de lui beaucoup plus tard. Les leçons des Français portent leurs terribles fruits… La pratique de la torture se généralise dans les commissariats sud-américains ou les casernes. Et des escadrons de la mort traquent les opposants. Parfois, les agents de la CIA mettent eux-mêmes la main à la pâte. C’est le cas d’un certain Dan Mitrione, l’homme dont l’histoire a inspiré le cinéaste Costa-Gavras dans « Etat de siège ». En 1970, Mitrione, officiellement fonctionnaire d’une organisation humanitaire, est enlevé par des révolutionnaires uruguayens, les Tupamaros, qui réclament la libération de 150 d’entre eux. Mais le gouvernement est fermement invité par Washington à ne pas céder aux exigences des révolutionnaires. Cinq jours plus tard, Mitrione est exécuté. Pour Mon-sieur X, il ne fait nul doute qu’on s’est ainsi débarrassé d’un homme dont les méthodes brutales, dénoncées par des parlementaires uruguayens, risquaient de faire scandale un jour ou l’autre. Ce qui n’empêchera pas les Américains de célébrer Mitrione comme un héros du monde libre. Et peu d’années après, en 1975, le Plan Condor va institutionnaliser la terreur dans les six pays du Cône sud… Là aussi, les services secrets américains ne resteront pas inertes !

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Systeme planétaire label: Dbut recordsparution: 2002### Julien CLERC

Utile label: Virginparution: 1992### Minino GARAY

Sombras label: facesparution: 2002

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