Le trafic de drogue aurait permis de financer les contre-révolutionnaires du Nicaragua, ceux qu'on a appelés les Contras. Et c'est la CIA, en plein accord avec la Maison Blanche, qui aurait couvert ce trafic. C'était une des révélations - et pas la moindre - de Monsieur X dans la première partie de notre entretien diffusé la semaine passée, entretien consacré aux années Reagan et aux deux scandales qui ont terni sa présidence… Résumons à grands traits… Dès son arrivée à la Maison Blanche en janvier 1981, Ronald Reagan suspend toute aide économique et humanitaire au Nicaragua où les révolutionnaires sandinistes viennent de chasser le dictateur Somoza. Mais pour le président américain, dont la campagne électorale a été financée par les milieux les plus conservateurs, ce n'est pas assez : résolument anticommuniste, et parfois jusqu'à l'obsession, il veut débarrasser l'Amérique centrale de ces Sandinistes qu'il accuse de faire le jeu de Moscou. Et il est prêt à tout pour réaliser son objectif. Y compris à mentir au Congrès, hostile à toute intervention américaine extérieure… La CIA aide donc clandestinement les Contras… Et lorsque le Congrès, scandalisé, apprendra que les services secrets américains ont, en toute illégalité, miné les ports nicaraguayens afin d'asphyxier le pays, Reagan et ses conseillers feront appel à des pays amis et à l'aide privée pour financer les activités des Contras. À l'aide privée mais aussi, selon Monsieur X, à l'argent de la drogue… Les avions de la CIA, qui transportaient des armes destinées aux contre-révolutionnaires, repartaient avec des chargements de cocaïne destinée au marché nord-américain. Et puis, il y a l'Irangate… Une affaire particulièrement tortueuse dont le but était tout autant d'obtenir la libération des otages américains détenus au Liban que de financer les achats d'armes des Contras… Mais, dans cette affaire, les États-Unis et le président Reagan ne sont-ils pas tombés dans un piège ?

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