Fresque murale au Sénégal commémorant le massacre
Fresque murale au Sénégal commémorant le massacre © Erica Kowal / Erica Kowal

Et si tout avait commencé à Thiaroye ? Tout, c'est-à-dire l’irrésistible mouvement de décolonisation du continent africain, et la prise de conscience par les« indigènes », comme on les appelait encore au mitan du 20ème siècle, de leur condition d’exploités et de sous-hommes ! Oui, si tout avait commencé le1er décembre 1944 , à Thiaroye, modeste casernement de la banlieue deDakar, sous le feu de la soldatesque coloniale française. Bien entendu, c’est une supposition réductrice et certainement inexacte. Et pourtant, le massacre de Thiaroye demeure comme une cicatrice indélébile dans l’histoire de la colonisation. Un événement originel qui a profondément marqué l’Afrique francophone et dont le souvenir reste vif, 70 ans plus tard. À tel point queFrançois Hollande , lors d’unvoyage récent au Sénégal, a reconnu officiellement la responsabilité de la France dans la tragédie de Thiaroye. Une déclaration qui est en quelque sorte pour les Africains le pendant du discours de Jacques Chirac lorsqu’en 1995, il a solennellement reconnu la responsabilité des autorités françaises dans la rafle du Vel d’Hiv’ et la déportation des Juifs.

Cependant, rares sont les Français qui connaissent l’affaire de Thiaroye . C’est pourquoi Monsieur X m’a proposé de me raconter cette page sombre de notre Histoire coloniale.

Yora Comba, 38 ans, St Louis, lieutenant aux tirailleurs sénégalais, Exposition Universelle de 1889
Yora Comba, 38 ans, St Louis, lieutenant aux tirailleurs sénégalais, Exposition Universelle de 1889 © Bibliothèque nationale de France / Bibliothèque nationale de France

Pour aller plus loin :

  • L’article de l’historienne spécialiste des guerres coloniales,Julie D’andurain, sur les Tirailleurs Sénégalais, dans la très bonne revue Guerres et Histoire de décembre 2014. Elle retrace l’histoire de ces soldats issus de l’Afrique occidentale française, dont les 1ers recrutements forcés datent du 18ème siècle. En 1910, ils sont « la Force Noire » du général Mangin : nombreux et bon marché, ils doivent servir à la défense de l’empire colonial, mais les deux guerres mondiales vont changer la donne et les Tirailleurs sont envoyés sur tous les fronts européens et africains…

Les liens

Le massacre de Thiaroye, une synthèse de Armelle Mabon

Troupes. Les tirailleurs, la « force noire » de la France Un article de Julie d'Andurain dans la revue "Guerres&Histoire" de décembre 2014, n°22

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