En Europe occidentale, juin 1940 est l'aboutissement de la "drôle de guerre" et voit la défaite de l'armée française face à l'armée allemande. Les soldats français se sont livrés à une bataille terrestre, dans les airs et sur les mers. Parmi eux, des victimes en grand nombre sont à déplorer.

L'exode en France. Les habitants fuient leur ville sous la pluie. Mai 1940
L'exode en France. Les habitants fuient leur ville sous la pluie. Mai 1940 © AFP / AFP

Vous vous en souvenez peut être. Lorsque j'ai rencontré Monsieur X., ou plutôt lorsqu'il m'a abordé, je me trouvais à la bibliothèque de l'Arsenal, où j'étudiais les événements ayant précédé l'armistice de 1940. La guerre de 39-40, une période qui semble avoir marqué durablement Monsieur X. 

Il a commencé, au cours de notre premier entretien déjà diffusé, à me raconter les secrets de la cinquième colonne, une cinquième colonne qui n'était ni un mythe ni un bobard comme on l'a souvent cru, mais une réalité. Et Monsieur X. de me démontrer que la trahison, comme il disait, existait au plus haut niveau du commandement. Sinon, comment expliquer la passivité et les bévues de nos chefs alors même que les plans de l'ennemi leur avaient été communiqués, mois après mois, par nos services de renseignement. 

C'était donc l'opinion de Monsieur X., une opinion étayée par quelques arguments sérieux, très troublants. Mais selon lui, il y avait encore plus grave. Il prétendait que cette trahison n'était que la partie émergée de l'iceberg. Au-dessous, dans les profondeurs glauques de la politique et de la haute finance, il y avait un complot. Un complot ourdi depuis plusieurs années et qui n'avait qu'un but, en finir avec la République et donc installer un régime autoritaire et antidémocratique, comme en Italie, comme en Allemagne et aussi comme en Espagne. Vous verrez que dans cette histoire, le rôle de l'Espagne n'est pas mince. 

Toutefois, au cours de ce premier entretien, Monsieur X. ne m'en avait pas dit plus. Un jour, peut être. Je sais maintenant qu'il me faut respecter les caprices de ce vieux monsieur si je veux qu'il continue à me distiller ses secrets, alors j'ai patienté. Enfin, cette semaine, il a consenti à revenir sur ces événements de 1940. Une précision à l'adresse de ceux qui découvriraient ces entretiens, Monsieur X., bien qu'il reste extrêmement discret sur ses activités passées, à exercer des fonctions qui l'ont amené à fréquenter de très près les instances politiques et surtout les services de renseignements. Je n'en sais pas plus et je doute de pouvoir en apprendre plus un jour. Il me faut donc faire confiance à monsieur X. 

Mais je dois reconnaître que jusqu'à maintenant, je n'ai pu le convaincre de mensonge ou de mythomanie, car ses propos collent toujours à la vérité apparente. En tout cas celle que nous avons lue dans les livres d'histoire. Enfin, il me faut dire aussi que Monsieur X. n'est pas le premier à avoir parlé de complot au sujet des événements de 1940. Dans l'acte d'accusation du maréchal Pétain, figurait explicitement ce mot complot. Mais il faut bien reconnaître qu'en 1945, les magistrats de la Haute-Cour de justice n'ont pu établir la matérialité de ce complot. 

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