"L'Espionne de Cuba" continue d'intriguer tant elle a sans doute été la taupe la plus efficace dont aient disposé les services secrets cubains au sein même du renseignement américain.

Pourquoi, celle que l'on a appelé "l'espionne de Fidel" n'a-t-elle pas bénéficié de l'échange d'espions à l'occasion du spectaculaire réchauffement des relations entre Cuba et les Etats-Unis ? 

Cette affaire demeure encore mystérieuse. Ce curieux échange d'espions rappelle les heures les plus tendues de la guerre froide. Pourquoi a-t-on oublié Ana Montes ? 

Ça a été un vrai coup de théâtre : la soudaine réconciliation américano cubaine en décembre 2014. En réalité, c'est une entreprise qui était en gestation depuis plusieurs mois et qui a été préparée sous la houlette de quelques prestigieux intermédiaires. Les rapports entre Cuba et les Etats-Unis, c'est une très vieille histoire qui date du XIXe siècle. Washington n'a jamais cessé de considérer que Cuba était sa chasse gardée. 

Dès que Castro triomphe, l'animosité de Washington ne tarde pas à se manifester et c'est l'escalade, car les mesures de rétorsion prises contre le nouveau régime vont précipiter celui-ci dans le camp communiste. L'isolement agressif imposé à Cuba par les États-Unis a justifié le totalitarisme mis en place par Fidel Castro, puisqu'il pouvait prétendre, non sans raison, que son île vivait sous la menace permanente d'une intervention militaire américaine. Inadmissible pour Washington et forcément de part et d'autre, l'espionnage a joué un rôle considérable. Les services cubains de renseignement se sont souvent montrés très efficaces. 

Castro était le vrai chef de l'espionnage cubain et a accordé des moyens illimités en personnel à la Direction générale du renseignement. Aidé par les grands frères de l'Est, le KGB, la Stasi, le régime castriste s'est doté d'un formidable et redoutable réseau de surveillance de la population cubaine, ce qui rendait difficile toute tentative d'infiltration par des agents étrangers. 

Les Américains ont trop souvent sous-estimé l'efficacité du renseignement cubain et ils l'ont souvent payé assez cher. Ana Montes en est une illustration particulièrement éclairante, autant que sur l'histoire des relations entre les Etats-Unis et Cuba où les questions d'espionnage ont été centrales. 

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