Un film, un livre… Et soudain, l'une des figures les plus emblématiques de l'Afrique resurgit devant nous : celle de Patrice Lumumba, symbole des luttes de décolonisation, porte-drapeau d'un continent qui voulait à la fois se débarrasser de la tutelle blanche et lutter contre ses propres démons, à commencer par le tribalisme, le racisme et la division. Quarante ans après l'assassinat de Lumumba, ces questions demeurent tragiquement d'actualité… Y compris dans son propre pays, le Congo, devenu Zaïre puis République démocratique du Congo mais plus que jamais miné par la guerre civile et la corruption, en proie à toutes les convoitises… Un film : il s'agit de l'œuvre du cinéaste Raoul Peck. Sorti sur les écrans au mois d'octobre, il retrace la vie et la mort de Patrice Lumumba. Un livre : publié au début de l'année en Belgique, il a fait scandale. Son auteur, le sociologue Ludo De Witte, dénonce, preuves et témoignages à l'appui, l'implication de son pays dans l'assassinat du leader congolais. Cet ouvrage a eu un tel retentissement chez nos voisins qu'une commission d'enquête parlementaire s'est emparée de l'affaire et que le gouvernement belge a affirmé vouloir faire toute la lumière sur les responsabilités des autorités de l'époque. Même la monarchie a accepté d'ouvrir ses archives à titre exceptionnel. J'ai donc tout naturellement demandé il y a quelques semaines à Monsieur X s'il disposait d'informations particulières sur ce dossier… Et lors de notre dernière rencontre, il m'a livré ce qu'il savait de cette affaire. Mais avant d'entendre ses révélations, je crois qu'il n'est pas inutile de se replonger un instant dans les archives de l'époque… Et, en passant simplement en revue les gros titres de la presse ocidentale, on se rend tout de suite compte que la personnalité de Lumumba a déchaîné les passions. Les passions et la haine. Quelques exemples édifiants : L'Express titre : "Le diable, le prophète, et le voleur !" Pour le Daily Telegraph, c'est "un clown". "Un chien" pour le Daily Mail. "Un sorcier noir" pour Paris-Presse. Et pour d'autres journaux, Lumumba est aussi : "l'abominable homme des neiges, le yéti, le singe, le macaque, l'étrangleur, l'Africain, le satyre, le sauvage, le primaire, la créature communiste, l'hystérique, le fanati-que..." Quant au Guardian britannique, il conclut l'un de ses articles en écrivant : "Il n'y a pas de quoi rire..." Non, effectivement, il n'y a pas de quoi rire lorsqu'on évoque le martyr et la mort de ce jeune leader anticolonialiste : Patrice Lumumba n'avait que trente-cinq ans lorsqu'il a été assassiné le 17 janvier 1961 !

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