Il est minuit et demi. Une automobile ralentit, s’arrête le long du trottoir, devant un grand hôtel. Un homme, assis à l’arrière, sort de la voiture, remercie encore une fois les amis libanais qui l’ont reconduit à son hôtel. La portière claque. Deux silhouettes sortent de l’ombre, bondissent. L’une plaque l’homme contre la carrosserie tandis que l’autre brandit une arme munie d’un silencieux. Trois coups de feu étouffés. C’est fini. L’homme s’écroule. Déjà, les deux tueurs s’enfuient. Ils menacent de leurs armes des passants intrigués et disparaissent dans la nuit. Ces professionnels, pour ne laisser aucun indice, ont pris soin d’entourer leur pistolet d’un sac plastique afin de récupérer les douilles. Cette scène s’est passée le 8 juin 1992, en plein Paris, devant l’hôtel Méridien-Montparnasse. L’homme assassiné s’appelait Aatef Bseisso. C’était un important responsable palestinien. Peu de temps après, un général, membre des services de renseignement de l’Etat hébreu, a affirmé que Bseisso était l’un des planificateurs de la prise d’otages de Munich au cours de laquelle onze athlètes israéliens avaient trouvé la mort. Le Palestinien semblait donc être la dernière victime de ce qu’on a appelé la liste de Golda… Une liste établie en 1972 à l’initiative du Premier ministre israélien de l’époque, Golda Meir. C’est à dire le recensement de tous ceux qui avaient participé à la préparation et à l’exécution de la prise d’otages revendiquée par « Septembre noir ». Des hommes qui ont été traqués dans le monde entier et qui ont été abattus les uns après les autres par une cellule secrète du Mossad. Mais tous étaient-ils responsables ? Et cette vengeance systématique n’a-t-elle pas dissimulé d’autres objectifs moins avouables ? C’est l’une des questions que se propose d’examiner Monsieur X. La semaine passée, déjà, mon interlocuteur avait mis en évidence un des mystères de cette affaire : la lumière sur le massacre de Munich n’a jamais été faite. Et on ne sait toujours pas comment les athlètes ont été tués puisque les rapports d’autopsie n’ont pas été publiés… Mais, d’après Monsieur X, Allemands, Israéliens et Palestiniens avaient, pour des raisons différentes, la même volonté de taire la vérité. Les Allemands, parce que ce sont peut-être des balles de leurs policiers qui ont tué les athlètes. Les Israéliens parce que ce massacre a permis de dégrader encore un peu plus l’image des organisations palestiniennes. Et les Palestiniens enfin parce que, du propre aveu du cerveau de l’opération, Abou Daoud, cette spectaculaire prise d’otages a galvanisé des troupes démoralisées. Dans un instant donc, la suite, c’est à dire l’histoire de la liste de Golda…

programmation musicale

Jérôme Minière

La vengeance label: Lithium### Beth Gibbons

Tom the model album: Out of seasonlabel: Go Beatparution: 2002### Stefano Mainetti

The shooter (film) : Prague label: Image Musicparution: 1996

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