Entre 1945 et 1950, plus de 1 000 chercheurs allemands, dont certains nazis, ont été "embauchés" par les autorités françaises. Un apport très secret à la reconstruction de l'industrie militaire et aéronautique du pays.

Une Fusée V2 en 1945. Avec ses armes révolutionnaires de destruction massive, les nazis espéraient inverser le cours de la guerre après Stalingrad
Une Fusée V2 en 1945. Avec ses armes révolutionnaires de destruction massive, les nazis espéraient inverser le cours de la guerre après Stalingrad © AFP

Depuis le temps que je connais Monsieur X, une question me brûle les lèvres. Comment ce diable d'homme peut-il connaître autant de dossiers secrets ? Une question que certains d'entre vous se posent également, je le sais parce qu'ils me l'ont écrit.

D'accord, monsieur X a travaillé dans les services de renseignements. Il a même exercé des fonctions politiques qui lui ont permis de pénétrer quelques secrets d'Etat. Et il garde de par le monde, nombre d'amis qui continuent de l'informer. D'accord, dans plusieurs cas Monsieur X m'a avoué avoir joué un rôle actif. Pour d'autres affaires, il m'a affirmé avoir eu accès à des sources d'informations privilégiées, mais quand même. 

Cette semaine, lorsque je l'ai à nouveau rencontré dans ses bureaux déserts où nous avons désormais nos habitudes depuis plusieurs mois, je lui ai posé crûment la question au tout début de l'enregistrement. Ecoutez. 

  • Mais comment pouvez-vous savoir tant de choses ? Expliquez moi.   
  • Pourquoi, vous avez des doutes ?   
  • Je suis sûr en tout cas que pas mal d'auditeurs se posent la question, ils me l'écrivent. Alors, il est peut-être temps quand même de me donner une explication.   
  • Comme vous voudrez. Le devoir de vérité, vous connaissez Monsieur Pesnot ? Imaginez que des hommes qui ont dû se taire toute leur vie, qui ont dû dissimuler bien des lâchetés et bien des secrets pas très propres aient soudain envie de révéler au grand jour ce qu'ils savent.   
  • Mais vous avez dit des hommes, je vous ai bien entendu.   
  • Des hommes, oui, et je ne suis seulement que l'un d'eux.   
  • Alors vous vous exprimeriez au nom d'un groupe ?   
  • Disons que je connais beaucoup de gens qui ont envie que l'on sache enfin la vérité et qui m'ont fait beaucoup de confidences. Parce qu'ils avaient confiance en moi, parce qu'ils savaient qui j'ai été et ce que j'ai fait. Ça vous va comme réponse ?   
  • Pas tout à fait, non. J'ai du mal à imaginer cette espèce de "club des anciens du renseignement" qui sont en même temps des redresseurs de vérité.   
  • Tant pis. Désolé, mais je ne vous en dirais pas plus.   
  • Un instant quand même. Qu'est ce qu'ils cherchent vos amis, et vous-même d'ailleurs, à décharger leur conscience ?   
  • Oh, pas de grands mots, je vous en prie. Mais tous, à un moment ou un autre, nous avons été obligés d'accomplir des missions qui nous ont semblé contestables, moralement contestables.   
  • C'est bien ce que je disais.   
  • Un seul exemple et vous comprendrez. Vous croyez que c'était plus facile pour des gens qui s'étaient battus pendant la guerre, qui avaient risqué leur vie dans le combat contre l'occupant, d'être obligés de faire "ami ami " avec d'anciens nazis, au nom de la raison d'Etat ? Alors, suis-je assez clair maintenant ? 

Nous avons encore bavardé longtemps sur ce sujet, mais monsieur X prétendait m'avoir dit l'essentiel et il n'était pas question pour lui de me donner des indications précises sur les identités ou les fonctions de ses amis. Toutefois, je lui ai demandé de préciser ce qu'il voulait dire à propos de cette collaboration avec d'anciens nazis.
Et c'est ainsi qu'il a évoqué une des pages les plus mystérieuses de l'après-guerre : la chasse aux cerveaux nazis.

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