Lac de Karakul
Lac de Karakul © CC-BY-SA-2.5-es / CC-BY-SA-2.5-es

C’est leFar West des Chinois : leXinjiang , une province qui est donc située à l’Ouest de l’empire chinois et représente un sixième de son territoire… Pour compléter la comparaison, il n’y manque même pas de déserts… Mais aussi, comme dans les westerns, il s’y trouve des Indiens ! Ceux-là s’appellent les Ouigours . Et ce sont des empêcheurs de coloniser en paix… Et surtout des empêcheurs d’exploiter ! Car le Xinjiang, son nom chinois – les autochtones, eux, lui préfèrent l’appellation de Turkestan oriental – est riche, très riche. Son sous-sol recèle de formidables réserves de pétrole et de gaz. Et ces vastes zones désertiques ont permis aux Chinois d’y expérimenter leurs armes nucléaires… Bref, le territoire est l’objet de maintes convoitises. Mais ses Indiens, je veux dire les Ouigours, n’ont toujours pas accepté la colonisation chinoise qui a commencé au XVIIIème siècle. Une domination qui grignote peu à peu leur territoire, fait de ces turcophones des citoyens de seconde zone et, inéluctablement, diminue leur poids démographique. Au point que, bientôt, les Ouigours seront minoritaires dans leur propre pays…

Mais ils résistent. Et parfois très violemment : en manifestant ou même en perpétrant des attentats-suicides, ils expriment de façon désespérée leur révolte. Mais face au rouleau-compresseur chinois, tant policier que militaire, les quelques millions de Ouïgours sont bien impuissants…

Monsieur X poursuit aujourd’hui son récit. Il souligne une donnée essentielle de ce conflit régional : les Ouigours sont de culture musulmane. Et la répression qu’ils subissent, a poussé certains d’entre eux vers la pratique d’un islamisme radical… De là à présenter tous les Ouigours séparatistes comme de dangereux terroristes, il n’y a qu’un pas à franchir…

Pour aller + loin :

  • Les éditions Arte ont eu la bonne idée de rééditer en coffret le documentaire fleuve de Joris Ivens et Marceline Loridan sur la Chine, tourné dans les dernières années de la révolution culturelle : « Comment Yukong déplaça les montagnes ». Une petite partie est consacrée aux Ouigours et c’est passionnant de découvrir un territoire filmé, sans doute à l’époque, pour la première fois par des Occidentaux. Le film était une commande du ministre Zhou en Lai et la propagande du régime y est omniprésente donnant à l’ensemble un côté « Arts et traditions populaires » sous l’égide du bon Mao. Le documentaire sortira en France en 1976 et aura un immense succès.

  • Dans la revue "Monde Chinois, Nouvelle Asie ", numéro 35 (décembre 2013), un entretien entre Emmanuel Lincot et deux spécialistes du monde Ouïghour : Rémi Castets et Dilnur Pola t : Enjeux socio-politiques de l'Islam en pays Ouïghour
  • Le site duCongrès Mondial Ouïghour

  • Oghouz, le site de l'Association des Etudiants Ouïghours de France
La police déployée à l'aéroport d'Urumqi, capitale du Xinjiang, 25 mai 2014
La police déployée à l'aéroport d'Urumqi, capitale du Xinjiang, 25 mai 2014 © Fred Wong (VOA) / Fred Wong (VOA)

Les liens

Enjeux socio-politiques de l’Islam en pays ouïghour Entretien avec Dilnut Polat, chargé de cours à l'INALCO, responsable de l'Association des Etudiants Ouïghours de France ; Rémi Castets, spécialiste des Ouïghours, prof à Sciences Po Bordeaux ; et Emmanuel Lincot, professeur à l'Institut Catholique de Paris.  Dans la revue Monde Chinois, Nouvel Asie, 2013/3,  numéro 35

Le Congrès mondial Ouïghour

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