Ce fut un tournant dans l’histoire du maoïsme à la française : la mort en 1972, aux portes d’une usine Renault, d’un jeune ouvrier, Pierre Overney. Un tournant, oui, exactement comme si la mort n’avait jamais été envisagée dans ce grand jeu social qui, depuis la fin de mai 68, opposait des jeunes gens révoltés et sincères aux gardiens de l’ordre ! La mort ! Soudain, pour les maos comme pour leurs supporters membres de la fine fleur de l’intelligentsia française, quelque chose a changé… Quelque chose qui pourrait s’appeler la responsabilité. Monsieur X a entrepris la semaine passée de raconter cette histoire née du foisonnement de mai 68 lorsqu’une poignée de brillants élèves de l’Ecole normale supérieure a découvert que le soleil se levait à l’extrême-est… A l’ombre du grand Mao Zedong qui venait de lancer deux ans plus tôt la Révolution culturelle, un formidable coup de pied dans la fourmilière communiste chinoise. Paradoxe, c’est au moment même où ce grand chambardement se termine en Chine et où les Gardes rouges vont être victimes d’une terrible et sanglante répression que ces intellectuels s’entichent du modèle maoïste ! Il en résulte la création d’une organisation, la Gauche prolétarienne, et toute une série d’initiatives originales dont la moindre n’est pas l’établissement, c’est à dire l’immersion dans le monde du travail… Pour être au plus près des réalités de la condition ouvrière ! Et c’est justement dans une usine que le drame a surgi !

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