C’était « l’Affaire ». Avec un grand « A ». Un peu, comme on nommait l’Affaire Dreyfus à la fin du XIX° siècle. « L’Affaire », donc. Sans doute l’un des plus grands scandales de l’ère gaulliste. Car, soudain, elle a mis au jour une nébuleuse inquiétante où grenouillaient des hommes politiques proches du pouvoir, des policiers officiels et d’autres qui l’étaient un peu moins, des agents secrets, des barbouzes et, pour reprendre l’expression gaullienne, un quarteron de truands ! Et elle a provoqué l’une des plus grosses colères du Général de Gaulle juste au moment où celui-ci venait de décider de solliciter un second mandat présidentiel. Vous l’avez sans doute compris, « l’Affaire », c’est l’affaire Ben Barka. Et si Monsieur X, qui m’en a parlé autrefois, a décidé d’ouvrir à nouveau ce dossier, c’est que la Justice n’en a pas fini avec « l’Affaire » ! Un juge d’instruction est toujours saisi. Et ce magistrat tenace est bien décidé à faire surgir un jour la vérité, malgré tous les obstacles qui ne cessent de se dresser sur son chemin. Alors, raisonnablement, 46 ans après le rapt de Mehdi Ben Barka, est-il encore possible d’élucider cette affaire ? La famille du leader marocain, tout comme le juge, en sont persuadés. Car certains des protagonistes, sinon des instigateurs, sont encore en vie et pourraient témoigner si, enfin, la raison d’Etat n’était plus abusivement invoquée, des deux côtés de la Méditerranée.

Ben Barka
Ben Barka © DR /

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