Général Mohamed Oufkir à La Base de Kénitra 1972
Général Mohamed Oufkir à La Base de Kénitra 1972 © colonelbouziane / colonelbouziane

Hassan II avait la baraka, chacun au Maroc le savait. Dans les années 60, le jeune souverain chérifien avait échappé à un premier complot. Puis au tout début des années 1970, à Skhirat , il était sorti sain et sauf d’un véritable massacre perpétré par une unité d’élite des Forces armées royales… Un carnage effectué parmi les invités qui se pressaient lors de la somptueuse réception donnée à l’occasion de son anniversaire…

Alors le roi qui, en l’instance, avait fait preuve d’un remarquable sang-froid, était-il intouchable ? Et les Marocains les plus pieux de se rappeler que le souverain était aussi le Commandeur des Croyants, c'est-à-dire un lointain descendant du prophète Mahomet… Bref un personnage quasi-sacré.

Après Skhirat, Hassan II avait ordonné une impitoyable répression mais aussi une timide ouverture politique. Son trône semblait sauvé. Mais pourtant, treize mois plus tard, de nouveaux conjurés vont tenter de se débarrasser physiquement du souverain marocain. Pourtant là encore, de façon presque miraculeuse, Hassan II allait s’en sortir vivant. Cependant ce troisième complot n’a peut-être pas livré tous ses secrets. On en a eu la preuve au début des années 2000 lorsque le Premier ministre de son successeur, Mohammed VI , nommé à ce poste par Hassan II à la fin de son règne, a été soupçonné d’avoir pris part à une conjuration d’où émergeait la figure inquiétante du général Oufkir , l’assassin présumé de Ben Barka, condamné en France par contumace aux travaux forcés à perpétuité. Retour avec Monsieur X sur ces fantômes du passé qui n’ont sans doute pas fini de hanter les palais marocains.

Conseil de lecture :

« Mohammed VI derrière les masques » , une biographie critique et rigoureuse de ce souverain, qui a suscité un immense espoir après le règne féodal de son père. Mais un espoir largement déçu.

L’auteur c’est Omar Brouksy , ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire marocain, le Journal . C’est lui qui a révélé en novembre 2000, l’entente contre nature entre Mohammed Oufkir et l’opposition en 1972. Un scoop qui provoqua un véritable séisme politique et médiatique dans le royaume. L’hebdomadaire en paiera le prix fort : insidieusement étouffé par le pouvoir, il disparait définitivement en 2010….. Le livre de Brouksy est paru récemment au Nouveau Monde Editions. A noter : la préface de l’écrivain Gilles Perrault

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