Certains de ses partisans l’appelaient « Monsieur Dynamo » ! Une façon de rendre hommage à son inlassable activité en faveur du Tiers-Monde et des peuples opprimés… Cet homme c’était Ben Barka ! Et, un demi-siècle après sa disparition, on s’interroge toujours. Si l’on sait de façon quasi-certaine qu’il a été tué par des compatriotes, agissant au nom du pouvoir marocain, on ne sait pas dans quelles circonstances et on ignore ce qu’est devenue sa dépouille… Mais, très récemment, des informations en provenance d’Israël semblent éclaircir tous ces points. Et Monsieur X n’est guère étonné car, déjà, lors de précédents entretiens, mon interlocuteur m’avait laissé entendre que des agents israéliens avaient joué un rôle dans cette mystérieuse affaire. Et, bien sûr, nous allons ensemble y revenir. Mais, coïncidence, Monsieur X avait choisi d’évoquer l’histoire emblématique d’un dirigeant qui était une pièce indispensable dans le dispositif anticolonialiste que mettait en place Ben Barka au sein de ce que l’on nommait dans les années 1960 la Tricontinentale . C’est-à-dire une organisation des dirigeants des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine décidés à conduire une action concertée contre l’impérialisme occidental… Cet homme, c’était leprésident ghanéen, Kwame Nkrumah, le chantre du panafricanisme. Un éminent personnage qui, à l’instar de son ami Ben Barka, était lui aussi l’une des bêtes noires des puissances occidentales qui soupçonnaient la Tricontinentale de rouler en réalité pour le Bloc de l’Est. Nkrumah, Ben Barka et les autres étaient donc des cibles naturelles pour les services secrets de l’Ouest !

Mehdi Ben Barka
Mehdi Ben Barka © Ismael zniber / Ismael zniber
Kwame Nkrumah en visite aux Etats-Unis, 1961
Kwame Nkrumah en visite aux Etats-Unis, 1961 © John F. Kennedy Presidential Library and Museum / Abbie Rowe
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