Tour AREVA
Tour AREVA © Joxemai / Joxemai

Deux milliards et demi de dollars : le prix d’une coquille vide ! Et encore un autre milliard pour tenter d’exploiter en vain le contenu de cette coquille vide ! La facture est lourde, très lourde et a débouché sur un véritable scandale d’état ! Il s’agit bien entendu de l’affaire Uramin dont Monsieur X a commencé de nous entretenir la semaine passée…

Résumé de l’épisode précédent : Uramin est une société cotée à la bourse de Toronto mais immatriculée dans un paradis fiscal, fondée en 2005 par deux boursicoteurs, qui ont investi chacun une somme dérisoire… Mais ils ont joué très habilement : sachant que le cours de l’uranium ne cessait de grimper et que les géants miniers étaient en permanence à la recherche de nouveaux gisements, ils se sont rendus propriétaires de trois concessions africaines encore inexploitées en Namibie, Centrafrique et Afrique du Sud … Puis, tout en associant à leur compagnie quelques personnalités respectables et une banque canadienne, ils ont produit des documents mirifiques vantant l’excellence de leurs acquisitions… Objectif : en se livrant à ce que Monsieur X a qualifié de gonflette boursière ils ont réussi à valoriser Uramin au-delà de toute espérance. En octobre 2006, elle est déjà estimée par ses fondateurs à quelques 500 millions de dollars.

En France, le groupe nucléaire public Areva est intéressé. Sa présidente, Anne Lauvergeon , veut accroître à tout prix sa production d’uranium dans un contexte de compétition acharnée entre tous les géants miniers. Elle est d’autant plus pressée que dans la perspective de l’élection présidentielle de 2007, elle sait que de puissants intérêts industriels guignent Areva et poussent à sa privatisation… Il lui faut donc se trouver en position de force pour résister à ces pressions.

Des négociations sont entamées avecUramin . Au début janvier 2007, Areva achète un peu plus de 5% de ses actions. Conséquence : la valeur de la compagnie progresse dans des proportions inouïes… Elle coûtera donc encore plus cher si Areva veut l’acquérir en totalité… Pourquoi le groupe nucléaire a-t-il agi ainsi ? C’est l’une des questions troublantes que pose cette affaire. Mais ce n’est pas la dernière.

Pour aller + loin :

  • Radioactif , de Vincent Crouzet, un palpitant polar d’espionnage à clés, dont voici la trame en quelques mots :

En 2009, un agent du Service Action de la DGSE, retiré des affaires, est contacté par un affairiste pakistanais aux abois qui a fait fortune dans les mines et le trafic d’armes. Craignant pour sa vie, le Radja , comme on l’appelle, veut déballer tout ce qu’il sait des dessous du scandale Urafrik. Urafrik du nom d’une petite start-up spécialisée dans l’achat de mines d’uranium, rachetée, à un prix faramineux et donc surestimé, par la multinationale française, Murana , et son PDGEtienne de Nogare t. S’invitent alors dans la danse services secrets occidentaux, hommes politiques français et intermédiaires douteux. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations réelles serait purement fortuite…. C’est paru chez Belfond.

Les liens

Uramin-Areva: le scandale est enfin sur la place publique (article payant) A lire : les articles très fouillés sur le sujet de Martine Orange sur le site d'information Mediapart

Uramin / Areva : fiasco industriel ou vaste escroquerie ? Une excellente enquête de Jacques Monin dans "Secrets d'infos" sur France Inter, diffusée le 24 octobre 2014

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