On l’appelait « le syndrome Salvador Allende »… Au moins dans les milieux élyséens. La crainte que le président socialiste François Mitterrand élu en 1981 ne soit un jour victime d’une opération semblable à celle qui avait précipité la fin du président chilien… C’est à dire un complot d’extrême droite… Dans le cas d’Allende, on le sait, c’est essentiellement la CIA qui a inspiré et coordonné le putsch qui a permis à Pinochet d’éliminer le président socialiste régulièrement élu. En France, malgré l’inquiétude suscitée à la Maison Blanche par l’arrivée au gouvernement de ministres communistes, il ne semble pas que la centrale états-unienne ait imaginé une telle opération. Il n’empêche que dans l’entourage du président français, au début du premier septennat, on a cultivé et nourri cette peur. La meilleure preuve en est fournie par une affaire extravagante, celle d’un ancien légionnaire, Dominique Erulin, qui a été l’objet de toutes les attentions de certains services de police et, en particulier, de la fameuse cellule antiterroriste de l’Elysée. Si Monsieur X a consacré à ma demande ce nouvel entretien à cette sombre histoire, c’est que le nom d’Erulin est apparu la semaine passée lorsqu’il m’a parlé d’Ante Gotovina, général croate, jugé aujourd’hui pour crime de guerre par le Tribunal pénal international pour la Yougoslavie. Ancien caporal-chef de la Légion étrangère, soupçonné dans plusieurs dossiers de gangstérisme et de trafic d’armes, Gotovina a en effet été l’un des plus proches amis d’Erulin et a partagé plusieurs de ses aventures.

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