C'est l'une des pages les plus noires de l'Histoire contemporaine… Un génocide, reconnu comme tel par l'Organisation des Nations Unies, c'est à dire, selon la définition du dictionnaire, la destruction systématique d'un groupe ethnique. Un million de femmes, d'hommes, d'enfants, massacrés. Le dernier génocide du XX° siècle ! Il y a seulement sept ans… Au Rwanda ! C'est si près de nous et en même temps si loin. Car qui s'en souvient vraiment et qui en parle encore ? D'ailleurs, même à l'époque, et sans doute pour évacuer à la fois l'horreur et la culpabilité, ce génocide a souvent été présenté dans le monde dit civilisé comme un massacre de plus entre tribus africaines rivales. Bref, une boucherie quasi banale, lointaine et exotique… Et c'est vrai que l'oubli nous arrange, nous Français. Car notre pays, pour des raisons qui n'ont toujours pas été vraiment éclaircies, a été étroitement mêlé à cette barbarie. C'est en particulier pour tenter de répondre à cette question que Monsieur X m'a proposé cette semaine d'ouvrir ce douloureux dossier. En 1998, les parlementaires français - et ce fut une première - ont créé une mission d'information sur les opérations militaires menées par la France au Rwanda. Présidée par l'ancien ministre de la Défense, Paul Quilès, cette mission, après neuf mois de travail et de nombreuses auditions, a souligné, selon le journal Le Monde, "les erreurs, les fautes et l'aveuglement de la France avant le génocide." Elle a aussi critiqué l'opacité de sa politique africaine, domaine réservé de l'Élysée. Toutefois, elle a conclu, de façon assez paradoxale, que Paris n'avait aucune responsabilité dans les massacres de 1994 qui ont fait entre 500.000 et un million de morts. Telle n'est pas l'opinion de Monsieur X.

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