« L’overdose de la violence » ! C’est ainsi que le quotidien Libération titrait il y a peu un appel signé par le poète mexicain Javier Sicilia dont le fils a été torturé et assassiné fin mars par les narcotrafiquants et par des policiers corrompus… Une victime de la guerre de la drogue parmi des milliers d’autres. Pour la seule année 2010, plus de 15000 Mexicains y ont perdu la vie et 5000 ont disparu. Une véritable hécatombe et un cycle de violence que rien ne paraît pouvoir arrêter. Il semble même que la décision du président Calderon de lancer l’armée à l’assaut des cartels de la drogue n’ait fait qu’exacerber la violence… Nous allons voir cela dans un instant avec Monsieur X qui, dans un premier entretien, est remonté à l’origine de l’existence du crime organisé au Mexique. Déjà, il a mis en lumière les racines du mal, c’est à dire les liens occultes qui existent entre les narcotrafiquants et le pouvoir politique. La lutte contre les cartels de gangsters qui se sont constitués dès le début du siècle dernier est donc biaisée. Mais comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on sait qu’aujourd’hui 90% de la cocaïne consommée aux Etats-Unis passe par le Mexique et que cette activité criminelle génère un chiffre d’affaires annuel estimé à 30 milliards d’euros ? Cependant, et c’est sans doute la seule note d’espoir, de plus en plus de citoyens mexicains, à l’instar de Javier Sicilia, sont engagés dans un vaste mouvement de protestation. Le 8 mai dernier, à son appel, une gigantesque Marche pour la paix et la justice a réuni des femmes et des hommes révoltés. Le début d’une croisade dirigée tout à la fois contre les criminels et la corruption de la classe politique au nom des dizaines de milliers de victimes de cette guerre de la drogue qui mine toute la société mexicaine. En témoignent ces quelques lignes extraites de l’appel du poète : "Vous « Messieurs » les politiques et vous « Messieurs » les criminels, vous avilissez les nations avec vos omissions, vos querelles, vos actes. Car si vous, Messieurs les politiques, vous ne gouvernez pas bien et ne prenez pas au sérieux le fait que nous sommes dans un état d’urgence nationale qui nécessite l’unité, et si vous, Messieurs les criminels, vous ne tempérez pas vos actions, vous finirez par triompher, mais vous gouvernerez ou vous régnerez sur un tas d’ossements et d’êtres terrifiés, détruits dans leurs âmes. Un songe qu’aucun de nous ne vous envie. "

Marcha por la paz mexico
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