« Mais c’est un pot de chambre ! On va nous pisser dessus de tous les côtés ! » L’homme qui s’exprime aussi trivialement est un capitaine des ser-vices de renseignement français et il parle de Diên Biên Phu… La cuvette de Diên Biên Phu où l’armée française va connaître l’un des plus grands désastres de son histoire. Une défaite qui efface presque d’un seul coup des décennies de présence française en Indochine… Mais que s’est-il vraiment passé à Diên Biên Phu ? Cinquante ans après cette catastrophe au cours de laquelle des milliers de soldats ont trouvé la mort, peut-on clairement et objectivement déterminer les responsabilités des uns et des autres ? Les hommes politiques de la IV° République se sont généralement défaussés sur les militaires. Leurs chefs ont fait un choix désastreux en fixant l’élite de l’armée dans une cuvette difficilement défendable… Pour les généraux, la faute originelle revient au contraire aux différents gouvernements de la IV° République, incapables de tracer une ligne claire et cou-pables d’avoir laissé l’armée s’embourber en Indochine sans lui donner les moyens de lutter efficacement contre les combattants communistes du Viet-minh… Il faudrait encore ajouter que ces généraux n’étaient pas d’accord entre eux. En particulier sur le choix de Diên Biên Phu. Mais au fond, la véritable explication n’est-elle pas que le contingent français était condamné à perdre face à une armée révolutionnaire et nationaliste ? Tout comme les Américains, vingt ans plus tard… Dans ce nouvel entretien, Monsieur X revient sur les fautes des uns et des autres et sur cette question que certains posent toujours aujourd’hui : à Diên Biên Phu, l’armée française a-t-elle été trahie ?

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