Dans le petit monde du renseignement, c’est une légende. Un « illégal », comme on disait à l’Est, qui a eu une carrière exceptionnelle, joué un rôle capital dans quelques-uns des événements les plus importants du XX° siècle et qui, bien sûr, s’est toujours gardé d’apparaître au grand jour. À tel point qu’aujourd’hui encore la vie de cet homme aux cent métiers et aux cent identités est auréolée d’un vrai mystère. Et s’il a accepté de se laisser photographier, c’est seulement au soir de sa vie, alors qu’il était devenu un écrivain et historien reconnu. Et encore ce membre correspondant de l’Académie des Sciences de l’URSS n’a-t-il publié sa soixantaine de livres que sous des pseudonymes !

Espion, assassin, diplomate, il a approché les plus grands personnages de son époque, même le pape Pie XII qui a accepté de se laisser photographier en sa compagnie. On y voit, selon le portrait qu’a tracé de lui l’écrivain chilien José Miguel Varas "un homme à l’énorme tête quadrangulaire, dans laquelle prédominait un très grand front, des yeux protubérants, malicieux et généralement à moitié fermés, un grand nez irrégulier et une bouche dédaigneuse. Il avait la peau pâle, un peu olivâtre, et une petite moustache à peine fournie, triangulaire, qui brillait au milieu du vaste espace qui allait de la base du nez jusqu'à la lèvre supérieure. Son visage avait à la fois un air vaguement militaire et une touche orientale, comme on peut le voir chez beaucoup de gens de notre continent. Dans une rue de Santiago, personne n'aurait pu le prendre pour un Soviétique. On aurait pensé peut-être à un professeur de lycée ou à un général."

Tel était donc l’homme qui s’appelait peut-être Iossif Romualdovitch Grigoulevitch. À moins que ce ne soit José Grigoulievitch Lavretski. Ou même Teodoro Castro !

Dans un instant, Monsieur X éclaire la vie de cet espion exceptionnel mais pratiquement méconnu. Le « Zelig de l’espionnage soviétique », comme l’a écrit un journaliste argentin.

1ère diffusion : 5 mai 2007

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