Robert Denoël est abattu le 2 décembre 1945 à Paris. L'éditeur de Céline et d'Elsa Triolet n'avait pas que des amis. Pourquoi le mystère continue-t-il de planer sur sa mort ?

Meurtre et livre
Meurtre et livre © Getty / Image source

C’était une arme de gros calibre. Du 11.43… L’arme des gangsters ! Mais l’homme qui gisait maintenant sur ce trottoir parisien, touché par une seule balle mortelle, était pourtant bien étranger à l’univers de la pègre. C’était un éditeur, l’un des plus prestigieux, Robert Denoël. Le découvreur de Louis-Ferdinand Céline. L’homme qui, après avoir édité Vo_yageau Bout de la Nuit, _avait publié pendant la guerre les œuvres les plus nauséabondes de l’écrivain mais aussi celles d’Elsa Triolet,épouse de Louis Aragon. Un éditeur d’origine belge, passionné, instinctif et formidablement ambitieux qui avait surgi dans le petit monde de l’édition à la fin des années 1920, et qui avait bientôt taillé des croupières aux plus grands. Autant le dire tout de suite : Robert Denoël avait des ennemis, beaucoup d’ennemis. Des rivaux, jaloux de son prodigieux succès, mais aussi des résistants qui ne lui pardonnaient pas d’avoir édité les textes antisémites de Célinesous l’Occupation. Et puis, il y avait aussi la vie sentimentale tumultueuse de l’éditeur. Mais cela suffisait-il à expliquer pourquoi, un soir de décembre 1945, un mystérieux tireur l’avait assassiné ? Et pourquoi les enquêteurs ont si vite, trop vite, évoqué un crime de rôdeur, alors qu’une somme de 12 000 francs, une petite fortune pour l’époque, a été retrouvée dans le portefeuille de l’éditeur ?…

►►► Première diffusion le 5 novembre 2005

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.