Un héros peut-il trahir ? Lorsque l'homme comparaît en juillet 1978 devant la Cour de Sûreté de l'Etat, le président lui dit d'emblée : "Il est pénible de demander des comptes à un personnage comme vous avec un tel passé !" Un tel passé, oui ! Le magistrat a raison. Il suffit de citer les décorations de ce héros de la Résistance : officier de la Légion d'Honneur, croix de guerre 39-45… Et pourtant, c'est cet homme-là, le colonel B., qui est accusé d'intelligence avec des agents d'une puissance étrangère et qui aurait gravement nui à la situation politique et militaire de la France. Mais un autre héros se dresse dans le prétoire. C'est le colonel Rémy, l'un des résistants les plus célèbres et les plus courageux… Une figure emblématique, un homme qui n'a jamais caché ses sympathies pour la droite, au contraire de l'accusé, ancien FTP et proche du Parti communiste. Et Rémy tonne, indigné : "Le colonel B. n'a pas pu trahir son pays. Les traîtres, nous avons payé cher d'apprendre à savoir les reconnaître ! Mon ami, lui, appartient à une race d'hommes sans laquelle la France aurait aujourd'hui une autre figure !" Malgré ce prestigieux plaidoyer en sa faveur, le colonel B. sera pourtant condamné à huit ans de réclusion. Et il lui faudra attendre l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République pour être gracié et recouvrer la liberté. Alors, ce héros était-il vraiment coupable d'espionnage ? Ou a-t-il été victime d'une machination ?

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.