(1ère diffusion : 3 décembre 2011)

Pour dîner avec le Diable, il faut une longue cuillère de bois !… Izraël Kasztner a-t-il oublié cet adage lorsqu’il a négocié avec le nazi Adolf Eichmann pour arracher à la mort quelques milliers de Juifs hongrois contre monnaie sonnante et trébuchante ? Bref, en prenant le risque d’aller rencontrer le technicien en chef de la Solution finale, ce journaliste n’est-il pas devenu un collabo ?

Le camp de concentration d'Auschwitz
Le camp de concentration d'Auschwitz © Epa/Maxppp / Jens Kalaene

C’est en tout cas la terrible accusation qui a été portée contre lui plusieurs années après la fin de la Seconde Guerre mondiale alors que Kasztner avait gagné la Palestine où les sionistes venaient de créer l’état hébreu. Une accusation qui a brisé la vie de cet homme entreprenant qui pensait être accueilli en héros dans sa nouvelle patrie et occupait déjà d’importantes fonctions au sein du parti au pouvoir. Une vie brisée au sens propre comme au sens figuré. En 1957, Izraël Kasztner est tombé sous les balles d’un assassin extrémiste.

La semaine passée, Monsieur X nous a raconté comment Kasztner, responsable d’une association d’aide et de secours aux Juifs hongrois ou à ceux réfugiés en Hongrie, a osé prendre langue avec Eichmann quand les troupes nazies ont déferlé sur le pays au printemps 44. Et, contre toute attente, il a réussi à arracher des Juifs à la machine de mort en achetant leurs vies. Alors s’est-il vraiment compromis ? Et jusqu’où ? Kasztner, pour sa défense, a toujours déclaré qu’il avait agi en parfait accord avec les chefs de l’Agence juive qui seront bientôt les dirigeants du nouvel état hébreu. Même quand il a permis à certains criminels nazis d’échapper au châtiment… Monsieur X l’a laissé entendre dans la première partie de cet entretien : Kasztner protégeait peut-être ainsi quelques secrets inavouables. Mais il l’a payé de sa vie…

Discographie :

- BOF de "Persécution" de Patrice Chéreau. Compositeur : Eric Neveux. Chez Unkle Production

A voir : le très beau documentaire de Gaylen Ross, une cinéaste américaine : « Killing Kasztner : Le Juif qui négocia avec les nazis » (120 mn, 2008).

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