15 ans après sa mort, il reste un héros pour la jeunesse africaine… Thomas Sankara ! Un simple capitaine qui avait débaptisé son pays, la Haute-Volta, pour l’appeler le Burkina-Faso, c’est à dire « la Terre des Hommes intègres » ! Tout un programme, à l’image de cet homme qui voulait être avant tout « le président des pauvres » ! Le Burkina-Faso n’a pas changé de nom mais Sankara a été assassiné ! Et la « Terre des hommes intègres » vit toujours dans le souvenir de cette figure mythique. Pourquoi a-t-on éliminé ce jeune révolutionnaire ? Qui a pris la décision de le faire disparaître ? La procédure judiciaire, qui est toujours en cours, n’a pas permis de répondre à ces questions. Mais il est évident que le bouillant capitaine gênait beaucoup de monde. Et pas seulement dans son pays ! Monsieur X m’a souvent parlé de l’Afrique où, dans les soubresauts de la décolonisation, les services secrets ont joué un rôle toujours trouble et parfois néfaste… La France, en particulier, a maintes fois été tentée d’intervenir dans ses anciennes colonies où elle a gardé de nombreux intérêts et qu’elle considère, à tort ou à raison, comme sa chasse gardée… Or, on ne peut éviter de le souligner, la disparition de Thomas Sankaraa eu lieu en 1987, sous la première cohabitation, et alors qu’un certain Jacques Foccart était à nouveau en charge des affaires africaines à côté du Premier ministre. Foccart, l’homme qui, auprès du gé-néral de Gaulle puis de Georges Pompidou, a exercé une tutelle vigilante sur l’Afrique francophone à travers ses réseaux… Nous verrons avec Monsieur X si la France a été mêlée à cette sombre affaire. Auparavant, je vous propose ces quelques lignes extraites de l’hebdomadaire Jeune Afrique. Elles expriment bien ce qu’était Thomas Sankara et ce qu’il symbolisait pour les Africains. "Thomas Sankara fait irruption, le 4 août 1983, dans le train-train quotidien d'une génération en mal de repères. Penser en Afrique était alors risqué. Rêver, quasiment prohibé. Pas un Lumumba, pas un Nkrumah à l'horizon, pour faire la nique aux baronnies et aux conservatismes qui, presque partout, se sont installés au pouvoir. Le coup d'Etat du 4 août - c'en était un - installe aux commandes d'un des pays les plus pau-vres du monde un jeune officier de 33 ans passable-ment différent des autres. Gueule de crooner, crâneur, le sens de la formule, la répartie facile, magicien du verbe préoccupé par le sort des démunis et des margi-naux, bref, tout à l'opposé des Houphouët, Bongo, Kountché, Mobutu et autres Eyadéma. L'intrus imposa d'emblée son style chez lui et alentour. Le cocktail Sankara ? Un zeste de marxisme, un soupçon de gué-varisme, un rien de panafricanisme et d'humanisme chrétien - il échappa en effet de peu à la prêtrise. « Il utilisait volontiers un vocable marxiste, faute de mieux. Il cherchait surtout à secouer les cocotiers », souligne l'universitaire béninois Stanislas." Tel était donc l’homme qui a été abattu d’une ra-fale de mitraillette le 15 octobre 1987.

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