"Le Nigeria va jouer sa dernière chance dans les mois à venir !" C’est un citoyen de ce pays qui parle ainsi. L’un des plus prestigieux, le premier prix Nobel africain de littérature, Wole Soyinka. Et celui-ci d’énumérer les signes annonciateurs de la crise : les attaques armées dans le delta du Niger, les massacres entre communautés religieuses dans le centre du pays et enfin la vacance du pouvoir depuis plusieurs mois. Et toujours selon l’écrivain, très engagé dans la défense des droits civiques, la colère du peuple nigérian est à son paroxysme… "Si rien ne change, dit-il encore, un risque de fracture n’est pas exclu. C’est le risque que court un Etat défaillant." Le Nigeria, nous l’avons vu la semaine passée avec Monsieur X, est un géant africain, le pays le plus peuplé du continent et une incontestable puissance économique grâce à ses formidables réserves en pétrole. Mais c’est aussi un colosse aux pieds d’argile qui connaît depuis l’indépendance, acquise en 1960, un climat de violence ininterrompu : assassinats politiques, coups d’Etat et tueries collectives qui n’ont cessé de jalonner l’histoire récente du Nigeria sur fond de corruption généralisée. Il faut ajouter que cette ancienne colonie britannique est un pays profondément divisé où coexistent tant bien que mal quelques 250 ethnies. Division aussi en matière de religion : le nord est musulman – une douzaine d’Etats ayant même décrété la loi coranique – tandis que le sud est chrétien et parfois animiste. Toutefois, et c’était la conclusion de Monsieur X dans son premier entretien consacré au Nigeria, il faut se garder de qualifier les derniers massacres du mois de mars de conflits strictement religieux. La possession de la terre, la lutte pour le pouvoir et les rivalités ethniques sont en réalité les véritables ferments de ces confrontations sanglantes… Enfin, il y a le pétrole, principale richesse du pays et source de toutes les convoitises… Le pétrole qui fait aujourd’hui du vaste delta du Niger une zone de guerre qui inquiète tous les voisins du Nigeria et même les économies occidentales qui redoutent de voir cette indispensable ressource pétrolière s’assécher.

programmation musicale

Tribal Voix (H.Julien) Ludico-ethnico-percussif

Tribal jungle album: Uirapurulabel: Chic

Bantu feat. Ayuba

Fuji Satisfaction album: Soundclash in Lagoslabel: Piranha Musik Berlinparution: 2005

liens

La revue Hérodote, n°134

La revue Cultures et Conflits, n°52

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