On le sait, aujourd'hui les espions sont des informaticiens, des techniciens installés devant leurs claviers et leur écrans et qui surprennent les secrets des autres grâce aux satellites, au réseau Internet et aux écoutes téléphoniques… Bref, James Bond a vécu et les agents secrets sont devenus des ronds-de-cuir ! D'ailleurs, ne dit-on pas que 95% de l'information drainée par les services de renseignement sont constitués par de l'information ouverte, c'est à dire de l'information qu'on peut simplement recueillir en lisant les revues spécialisées, les documents techniques ou les magazines scientifiques…. Sans doute… Mais cette évolution de l'espionnage n'empêche pas aussi de recourir parfois aux bonnes vieilles méthodes. L'histoire exemplaire que m'a contée Monsieur X cette semaine en est l'illustration, même si l'on y rencontre aussi les techniques les plus sophistiquées et si l'enjeu y est d'abord économique. Depuis l'écroulement du monde soviétique et la fin de la Guerre froide - la fin de l'Histoire ont prétendu un peu rapidement certains - ce sont en effet les affaires économiques qui occupent en priorité les services de renseignement. Les affaires économiques, c'est à dire la compétition économique, plus féroce que jamais à l'heure de la mondialisation… Or je lis dans un livre récent, "Contre-espionnage et protection du secret", paru chez Lavauzelle sous la signature de Bertrand Warusfeld, que, d'après des chif-fres communiqués par la DST aux Chambres de com-merce, la croissance des actes d'espionnage écono-mique est spectaculaire ! En 1993, 153 cas étaient signalés. En 1998, on en comptait plus de 2000 ! Comme l'écrit Bernard Gérard, un ancien directeur de la DST, désormais " les cibles technologiques et économiques s'ajoutent aux cibles traditionnelles militaires… Le cercle des curieux s'élargit. " Les " curieux ", dit aimablement ce spécialiste… Des curieux qui sont parfois, selon Monsieur X, nos meilleurs amis !

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