500.000, peut-être même un million de morts… Un véritable génocide au cœur de l'Afrique. Des femmes, des enfants, des hommes tués à coups de machette ou de rafales de fusils d'assaut… Les cadavres jonchant les rues des villes et des villages. Et ensuite, ces cortèges interminables de fuyards, tête basse, regard apeuré… Parmi eux, il y avait des assassins… Ceux qui avaient massacré leurs voisins, leurs collègues… Des images qui n'ont que sept ans… Seulement sept ans. Mais ces images sont déjà brouillées, jaunies. Qui s'intéresse encore vraiment au lointain Rwanda ? Et pourtant, me disait Monsieur X la semaine passée, au cours de la première partie de cet entretien, nous, Français, devrions être concernés au premier chef par l'affaire rwandaise… Les soldats, les miliciens, les assassins des escadrons de la mort, ont en effet, pour la plupart, été formés et armés par la France. Par des militaires français ! C'est en 1990 que la France intervient pour la première fois au Rwanda. Sollicité par le président hu-tu Habyarimana, qui doit faire face à une offensive tutsi appuyée par l'Ouganda voisin, le président Mitterrand décide de venir à son secours. Ce sera l'opération No-roît. On comptera jusqu'à 700 militaires français au Rwanda. Notre pays a choisi clairement de soutenir les Hutus majoritaires, parmi lesquels certains, les plus extrémistes, appellent à l'extermination des Tutsis. Cet appui de l'Élysée puis du gouvernement de cohabita-tion vaudra même à MM. Mitterrand et Balladur d'être qualifiés de " Hutus blancs " par certains Rwandais ! Quatre ans plus tard, malgré un accord politique signé entre les deux ethnies, le pays est au bord de l'explosion. Le président Habyarimana est accusé par son propre camp d'avoir capitulé devant les Tutsis du FPR, le Front patriotique rwandais. Les observateurs les plus lucides prédisent un véritable génocide. Le gros de nos troupes sont alors reparties, laissant la place à des Casques bleus de l'ONU. Mais des conseillers militaires français demeurent dans le pays. Et des livraisons clandestines d'armes continuent à approvisionner le camp hutu. Le 6 avril 1994, l'avion du président rwandais est abattu par un missile alors qu'il allait atterrir à Kigali, la capitale. Tout de suite après, le massacre des Tutsis commence. Pour Monsieur X, il paraît évident que le génocide était programmé…

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