« Un Biafra culturel » ! Ainsi l’écrivain communiste Louis Aragon définit-il la Tchécoslovaquie de la fin des années 60, alors que les espoirs du Printemps de Prague viennent d’être écrasés sous les chenilles des chars de l’Armée rouge. Un Biafra, oui. Parce que si l’invasion des troupes du Pacte de Varsovie n’a pas donné lieu à des actions violentes, la répression qui suit est impitoyable. La « normalisation », telle qu’on l’appelle hypocritement, n’épargne aucun des acteurs du Printemps de Prague. La purge est massive, féroce, durable. A tel point que les historiens estiment qu’elle n’a pas d’équivalent dans le monde communiste, à l’exception peut-être de la révolution culturelle chinoise. Le pays est assommé pour de longues années. Et même les réformes entreprises en URSS par Gorbat-chev resteront longtemps sans écho dans la société tchécoslovaque verrouillée par un parti communiste archaïque, débarrassé de ses éléments les plus novateurs. Dubcek, par exemple, le héros de 1968, est devenu un modeste jardinier de sa ville natale, Bratislava. Quant aux intellectuels qui essaient de relever la tête, ils connaissent la prison ou sont astreints à exercer des métiers manuels. Et beaucoup d’entre eux choisiront l’exil. Pourtant, après la chute du mur de Berlin, le régime s’écroulera de façon surprenante, en seulement quelques jours et pratiquement sans effusion de sang. C’est ce qu’on a nommé « la Révolution de velours ». Une très curieuse révolution qui n’était peut-être pas aussi spontanée qu’il y paraissait…

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Elista

Déçu du paradis label: Recall Productionparution: 2003### The Rolling Stones

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