Il a failli faire un scandale à Cannes! "Hors la loi" le dernier film de Rachid Bouchareb, simplement parce qu'il consacrait quelques minutes aux événements de Sétif. Un massacre survenu alors que la France fêtait le retour à la paix en mai 1945. Et c'est justement à l'occasion de la sortie d'un autre film de Bouchareb, "Indigènes" que Monsieur X m'a entretenu de ces événements dramatiques. Le jour même où l’on célébrait dans la joie la Capitulation, c’est à dire la fin de ce conflit mondial, l’Algérie prenait feu et que certains de ces valeureux soldats de l’armée coloniale qui venaient d’en finir avec l’ennemi nazi, tirailleurs sénégalais ou tabors marocains, ont peut-être dû faire feu sur leurs frères indigènes. Combien de morts à Sétif, à Guelma et dans tout le Constantinois ? Difficile à dire. Seule certitude, ils ont été des milliers à tomber sous les balles des soldats, des policiers et des milices dites civiques, constituées à la hâte pour réprimer ceux que l’on appelait encore les Indigènes. Un véritable bain de sang qui passe pratiquement inaperçu en métropole. Les événements de Sétif, comme on les nomme pudiquement de l’autre côté de la Méditerranée, ne provoquent guère d’émotion. Et d’ailleurs on fera tout pour occulter ce massacre. Quant au général de Gaulle, président du gouvernement provisoire, il n’y consacre que deux lignes dans ses Mémoires. Pourtant, aujourd’hui, la plupart des historiens s’accordent à dire que ces jours sanglants de mai 1945 ont constitué le vrai commencement de la Guerre d’Algérie.

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