Ce sont des événements inconnus ou presque… D’autant plus qu’ils ont été occultés par la Guerre d’Algérie qui occupait alors l’esprit des Français. Mais une autre « pacification », puisque tel était le nom officiel attribué aux opérations algériennes, était à l’œuvre au Cameroun. Beaucoup plus discrètement. Et pourtant, elle finira par provoquer la mort de milliers de personnes. La semaine passée, Monsieur X a commencé d’en parler. Je résume à grands traits. Le Cameroun n’est pas une vraie colonie mais un territoire dont la tutelle a été attribuée par l’ONU à la France. Très vite, un mouvement indépendantiste voit le jour, l’UPC, c’est à dire l’Union des Populations du Cameroun. Son leader est un personnage charismatique, Ruben Um Nyobé, un ancien fonctionnaire mystique mais féru de marxisme. A plusieurs reprises, Nyobé et les siens ont revendiqué la fin de la tutelle française et donc l’indépendance. En vain. En pleine guerre froide, Nyobé fait peur car on le dit crypto-communiste. Et si la France de la IV° République envisage à terme l’indépendance du Cameroun, elle n’entend pas confier les rênes du pouvoir à ce dangereux révolutionnaire. Après quelques épisodes sanglants qui ont opposé la troupe aux indépendantistes camerounais, Nyobé a finalement décidé de prendre le maquis et donc d’organiser la lutte armée, tandis que d’autres chefs de l’UPC ont choisi l’exil. Fin 1957, l’administration coloniale, malgré le statut d’autonomie interne qui a été attribué au Cameroun, opte pour la répression. Dans les régions où se sont implantés les maquis de l’UPC, les pays Bamiléké et surtout Bassa, les habitants sont regroupés dans des villages contrôlés par l’armée le long des grandes voies de communication. L’objectif, c’est de couper les maquisards de leur base populaire. Puis les militaires, commandés par des officiers français, entreprennent d’éradiquer les maquis par la force. Et c’est une véritable chasse à l’homme qui commence… Clairement, il s’agit d’éliminer Nyobé ! Monsieur X poursuit dans quelques instants et révèle les secrets de cette sale guerre qui ne veut pas dire son nom et qui passe inaperçue en métropole.

programmation musicale

Manuel Wandji

Na makasi ya Nzambe album: Spirit Of Rootslabel: Night & Day/Wanbo Productionsparution: 2002

Anne-Marie Nzié

Beza Da Dzo label: Indigo

L'équipe

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.