Des bombes et la peur ! Une peur panique car les terroristes frappent toujours dans des endroits sur-peuplés. Car ils veulent tuer ! Le plus de monde possible ! Le bilan de leur dernier attentat, le 17 septembre 1986, est terrible : à Paris, rue de Rennes, dans le magasin Tati, sept personnes trouvent la mort et 55 autres sont blessées. Tout a commencé le 7 décembre 85 par un double attentat au Printemps et aux Galeries Lafayette. Le ca-ractère artisanal des bombes fait penser à l'acte d'un déséquilibré… L'an passé, déjà, un homme s'était attaqué au BHV lors des fêtes de Noël. Mais dès le début du mois de février de la nouvelle année, une bombe éclate avenue des Champs-Élysées dans la galerie marchande du Claridge. Ce même jour, un engin explosif est désamorcé au troisième étage de la Tour Eiffel. Le lendemain, c'est la clientèle de la librairie Gibert, place Saint-Michel à Paris, qui est frappée. Puis le Forum des Halles et le TGV Paris-Lyon… Tous ces atten-tats sont revendiqués par un mystérieux CSPPA, le Comité de Solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient, un mouvement encore inconnu qui réclame la libération de l'Iranien Anis Nac-cache, de l'Arménien Varadjian Garbidjan et du Libanais Georges Ibrahim Abdallah. A chaque fois, c'est un explosif très puissant, le C4, qui a été utilisé. Un explosif qui a déjà servi au Liban, en particulier dans un attentat contre l'ambassade de France à Beyrouth… Les enquêteurs pensent que le CSPPA est un mouvement fantôme qui dissimule les activités du Djihad islamique animé par des Musulmans chiites inspirés par Téhéran. C'est pourquoi, à la mi-mars, à la veille des élections législatives qui verront la victoire de Jacques Chirac, le juge Marsaud ordonne une rafle dans les milieux intégristes chiites. Plusieurs dizaines de militants sont interpellés mais, faute de preuves, ils devront être relâchés. D'autres sont expulsés. On apprendra plus tard que se trouvaient parmi tous ces hommes les membres du réseau terroriste qui a ensanglanté la capitale. Jacques Chirac à peine nommé Premier ministre, les attentats recommencent, toujours revendiqués par le CSPPA. Puis c'est le calme. Le gouvernement, qui a entamé des négociations secrètes avec l'Iran dans le but d'obtenir la libération des otages français au Liban, pense en avoir fini avec le terrorisme. Mais en septembre 1986, une nouvelle vague d'attentats sème la terreur dans Paris. Ils sont à nouveau revendiqués par le CSPPA. Cette fois, on envisage la piste libanaise et on accuse le clan Abdallah qui aurait tué pour se venger des autorités françaises… En effet, Georges Ibrahim Abdallah se trouve toujours sous les verrous. Or, aux termes d'une négociation qui a permis la libération du Français Gilbert Peyrolles, il aurait dû être libéré… Cette hypothèse sera privilégiée par les enquêteurs jusqu'au jour où, en mars 1987, grâce à la dénonciation d'une taupe, les véritables auteurs de ces attentats seront arrêtés… Tous sont des Chiites, tous sont liés au Hezbollah, un mouvement très proche de l'Iran de Khomeiny et qui est également le responsable des prises d'otages occidentaux au Liban… Une taupe, donc, a permis ce succès. Une taupe qui sera escamotée par le contre-espionnage fran-çais… Une taupe qui met clairement en cause les autorités iraniennes… Mais dans quelles conditions cet homme, d'origine tunisienne, a-t-il trahi ses amis terroristes ? Une partie du mystère demeure. Monsieur X se propose de dissiper quelques-unes des obscurités de ce dossier… Et en particulier celle-ci : la taupe était-elle vraiment une taupe ?

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.