Personne n’a oublié ces images télévisées. On voit d’abord des affrontements de rue sur fond d’échanges de coups de feu. Puis des ambulances arrivent. Il y a des blessés, peut-être des morts. On découvre ensuite un père et un enfant cachés derrière une sorte de tonneau en ciment. Encore des coups de feu. Des cris. Derrière, sur le mur en parpaings, on voit des impacts de balles. Le père, tout en serrant l’enfant contre lui, fait des gestes en direction de l’endroit, devant lui, d’où, pense-t-il, viennent les tirs. Puis on entend le bruit caractéristique d’une rafale d’arme automatique. Le père et l’enfant disparaissent derrière un nuage de poussière. Un instant, quelqu’un passe devant l’objectif. Le cameraman lui demande de se baisser mais continue à filmer. Quand l’image redevient nette, l’homme, tête pantelante, semble blessé. Son fils gît à terre, devant lui. Il est touché à l’abdomen. Le bras gauche est replié sous son ventre. On voit une blessure sur l’avant-bras droit du père. L’enfant bouge brièvement puis s’immobilise. Le père, prostré, est adossé au mur. Cette séquence, filmée le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim dans la bande de Gaza, a été diffusée le soir-même dans le journal de 20 h de France 2. Elle était ainsi commentée par le correspondant de la chaîne en Israël, Charles Enderlin, je cite : "Les Palestiniens ouvrent le feu et les Israéliens ripostent. Des conducteurs d’ambulance, des journalistes et des passants sont pris entre deux feux. Ici, Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venant de la position israélienne. Mohammed a douze ans. Son père tente de le protéger. Il fait des signes… Mais une nouvelle rafale. Mohammed est mort et son père gravement blessé." La diffusion de ce document, repris par toutes les télés, provoque aussitôt une intense émotion. Un enfant est mort en direct devant une caméra. Et ces images vont être abondamment exploitées. Et d’abord, naturellement, et de façon parfois cynique, par le camp pro-palestinien. Mais ce qu’on ne pouvait pas prévoir à l’époque, c’est qu’elles allaient aussi un peu plus tard alimenter une véritable chasse à l’homme. Sur la sellette, le journaliste Charles Enderlin auquel quelques fanatiques remettront même le prix Goebbels de la désinformation. Dans un instant, Monsieur X explique pourquoi il a choisi cette semaine de traiter ce dossier qui semble, a priori, un peu étranger à son registre habituel.

programmation musicale

Orsten

Change your mind album: cutworkslabel: Wagram

La Maison Tellier

Killing in the name album: A la petite semainelabel: Euro-Visionsparution: 2006

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Le blog de Charles Enderlin

Conspiracy Watch

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