Il a été victime du premier coup d'État militaire en Afrique noire. Moins de trois ans après avoir obtenu l'indépendance de son pays, le Togo ! Il s'appelait Sylvanus Olympio. Et il a sans doute été tué par l'actuel chef d'Etat togolais, le président Eyadéma - je n'invente rien puisque c'est Eyadéma lui-même qui a reconnu ce meurtre commis à Lomé au petit matin, le 13 janvier 1963, avant, plus tard, de changer de version… A de nombreuses reprises, Monsieur X m'a parlé de l'Afrique. Ce n'est nullement un hasard. Nos services secrets ont été omniprésents dans nos anciennes colonies africaines. Et ils y ont souvent fait et défait les gouvernements de pays pourtant officiellement souverains… Malgré l'indépendance, l'Afrique francophile demeure en effet le pré carré de notre pays. Voici par exemple ce que je lis dans le livre de Roger Faligot et Pascal Krop, "La Piscine", un ouvrage consacré à nos services secrets : "Indépendance, soit, à condition qu'elle ne vienne pas desservir les intérêts de Paris. La surveillance de l'Afrique est d'autant plus aisée que les jeunes nations sont fort vulnérables. Elles ne possèdent nul outil militaire et font appel à la France pour constituer leur ar-mée. Des accords bilatéraux ou multilatéraux sont signés, selon les cas. Ce sont souvent d'anciens officiers noirs de l'armée française qui occupent les postes clefs des nouvelles unités nationales. A travers l'Assistance militaire technique (AMT), dans le triangle géostratégique Dakar, Pointe-Noire, Fort-Lamy, la France encadre ses anciennes possessions." Le maître d'œuvre de cette politique, qui supervisait également nos services spéciaux, c'est à dire le SDECE, c'était le secrétaire aux Affaires africaines et malgaches, Jacques Foccart. Homme de l'ombre, Foccart avait le privilège de rencontrer chaque soir le général de Gaulle. C'est dire l'importance que le chef de l'Etat attachait à notre politique africaine. Foccart agissait donc sous la houlette du général qui considérait que les liens historiques et économiques, et même affectifs, qui nous liaient à l'Afrique autorisaient notre action directe ou indirecte dans ces pays nouvellement indépendants… Alors, le meurtre de Sylvanus Olympio a-t-il été téléguidé depuis Paris ?

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.