Monsieur X aborde aujourd'hui une affaire qui relève du secret d'état.

Jean de Broglie
Jean de Broglie © Getty

Je le savais déjà, monsieur X n'aime rien tant que les affaires tortueuses, celles qui, aujourd'hui encore, laissent un parfum de mystère, d'inachevé. Les fonctions qu'il a exercé, les amitiés qu'il a tissée dans des milieux où le secret est toujours de rigueur lui ont permis de connaître le dessous de certains dossiers et d'approcher autant que possible de la vérité. 

Jusqu'à maintenant, malgré les minutieuses vérifications que j'ai effectuées, je n'ai pu prendre M. X en défaut de mensonge. Aussi, ai-je dressé particulièrement l'oreille lorsque, lors de notre dernière rencontre, il m'a annoncé d'une façon assez malicieuse qu'il était prêt à me parler d'une affaire qui relevait du secret d'État. 

Cette affaire embarrasse encore aujourd'hui beaucoup de monde, des gens très influents, très puissants. Alors qu'il ajoutait "Réfléchissez bien avant d'accepter ma proposition", il savait bien sûr qu'en me parlant ainsi, il m'obligeait à relever le défi. Et c'est ainsi que nous avons commencé à parler de la fameuse affaire de broglie. 

Je rappelle les faits. Le 24 décembre 1976, trois coups de feu claquent rue des Dardanelles à Paris. Il est 9 heures 20. Un homme fuit. Un autre gît sur le trottoir, mortellement blessé. Un homme considérable, député de l'Eure, ancien ministre du général de Gaulle, cousin du président de la République, descendant d'une des plus illustres familles françaises. Il s'appelle Jean de Broglie et son assassinat en cette veille de Noël éclate comme un coup de tonnerre dans le monde politique français. D'abord parce qu'on abat pas un homme de cette dimension comme un vulgaire truand sur un bout de trottoir. 

Résistant, titulaire de nombreuses décorations pour faits de guerre, Jean de Broglie gagne d'abord le Conseil d'Etat avant d'entamer une carrière politique sous les couleurs du RPF. En 1958, il est élu député indépendant de l'Eure. Là où sa famille possède un fabuleux château aux 365 fenêtres. Un château entouré de 1200 hectares de terres que lui a légué son oncle, le célèbre physicien et prix Nobel Louis de Broglie. 

En 1961, Jean de Broglie, après avoir présidé la Haute Cour de justice, entre au gouvernement comme secrétaire d'État. Il sera aux côtés de Louis Joxe et Robert Buron, l'un des négociateurs des accords d'Évian. Cela lui vaudra de nouer des rapports privilégiés avec les Algériens et le monde arabe. 

Jean de Broglie reste ensuite au gouvernement jusqu'en 1967, avec des attributions variées. 1967 c'est l'année où son cousin Giscard d'Estaing rompt avec le pouvoir gaulliste et commence à planter des cactus. Un an plus tôt. Ensemble, ils ont créé le Parti des républicains indépendants, dont Jean de Broglie est d'ailleurs le premier secrétaire général. 

Il occupera ensuite de hautes fonctions à l'Assemblée, où il sera à plusieurs reprises président de commissions. Mais il aura aussi parallèlement une intense activité d'homme d'affaires et de financiers, une activité relativement obscure où certains verront l'origine du contrat qui a été passé sur son nom. Est ce l'opinion de M. X ? Nous allons en savoir plus dès le début de cet entretien. histoire

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