On les appelait les « Roméos ». C’est un journaliste occidental qui les avait baptisés ainsi… Des agents est-allemands chargés de séduire des secrétaires de l’Ouest, en RFA, et de les faire travailler pour les services secrets de l’autre Allemagne, la RDA.

Une entreprise très fructueuse qui a permis au camp de l’Est, à l’époque de la guerre froide, de glaner quantité de renseignements ultra-confidentiels. Car ces secrétaires étaient effectivement choisies en fonction de leurs attributions : assistantes de ministres ou d’hommes politiques, par exemple.

Le personnage qui a présidé à cette importante opération n’est autre que Markus Wolf, le patron des services de renseignement est-allemand, l’un des espions les plus doués de son temps et qui aurait, prétend-on, servi de modèle à John Le Carré pour son personnage de Karla, l’ennemi impitoyable de son héros, George Smiley.

En lançant à travers la RFA ses Roméos, Wolf n’a fait au fond qu’adapter le système soviétique des « hirondelles »… Ces femmes de peu de vertu chargées de piéger les diplomates et agents occidentaux en poste en URSS selon une méthode éprouvée depuis longtemps dans le monde de l’espionnage… On séduit, on couche. Et les complices photographient. A moins qu’un supposé conjoint n’arrive à l’improviste et menace l’imprudent de provoquer un scandale. Ainsi fut pris au piège un ambassadeur de France à Moscou qui a eu ensuite bien du mal à s’en sortir et s’est attiré cette remarque cinglante du général de Gaulle : « Alors Dejean, on couche ! »

Mais revenons aux Roméos et à leurs Juliettes ! Monsieur X s’est particulièrement intéressé au cas troublant de l’une de ces Juliettes, une certaine Gabrielle Gast.

1ère diffusion : 15 mai 2004

Markus Wolf
Markus Wolf © Elke Schöps
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