L'affaire du "Rainbow Warrior" désigne le sabotage du navire amiral de l'organisation écologiste Greenpeace, le Rainbow Warrior, par les services secrets français le 10 juillet 1985, ainsi que ses suites médiatiques, politiques et judiciaires.

Le navire amiral de Greenpeace, Rainbow Warrior, dans le port d'Auckland le 1O juillet 1985 après avoir été détruit par des agents des services secrets français
Le navire amiral de Greenpeace, Rainbow Warrior, dans le port d'Auckland le 1O juillet 1985 après avoir été détruit par des agents des services secrets français © AFP

J'attendais depuis longtemps que Monsieur X me parle de cette affaire et à plusieurs reprises déjà, je lui avais posé la question : connaissez vous la vérité à propos du Rainbow Warrior ? Mais mon interlocuteur est ainsi fait qu'il n'entend bien que ce qu'il veut entendre, et il avait éludé à chaque fois d'un geste de la main. Bref, Monsieur X faisait de la résistance.
Et puis soudain, lors de notre dernière rencontre, Monsieur X m'a regardé en souriant. Ça vous intéresse toujours Greenpeace et le Rainbow Warrior ? J'ai naturellement répondu oui. Et c'est ainsi qu'il m'a donné sa version de cette affaire. 

Une version qui, vous vous en doutez bien, si elle colle avec ce que nous savons des faits, s'en éloigne considérablement lorsqu'il s'agit d'expliquer la nature profonde de la manipulation. Car pour Monsieur X, il ne fait nul doute qu'il y a bien eu manipulation. Mais rappelons d'abord les grandes lignes de l'affaire. Le dossier "Satanique", je n'invente rien, "Satanique", tel était le nom de code de cette désastreuse opération. Faut-il y voir une preuve d'humour ? N'oublions pas que nos services secrets sont dirigés par des militaires. 

Au début juillet 1985, alors que tout le monde ne pense qu'aux vacances, une dépêche à laquelle peu de journalistes français attachent de l'importance est diffusée sur le fil des agences de presse : un bateau de l'organisation pacifiste Greenpeace a été victime d'un sabotage dans le port d'Auckland, en Nouvelle-Zélande. Un photographe d'origine portugaise a été tué dans l'explosion. 

La Nouvelle-Zélande, c'est loin. Et puis, il n'y a qu'un mort. Or, un théorème journalistique veut que l'intérêt d'un fait divers soit inversement proportionnel à la distance où il s'est produit. Il faut bien dix mille morts en Chine pour faire jeu égal avec un double meurtre en France. Le sabotage du Rainbow Warrior ne fait donc qu'une brève dans la presse française. 

Mais, deux jours plus tard on apprend qu'un couple de touristes suisses nommé Turenge a été arrêté par la police de Nouvelle-Zélande. On les accuse d'être impliqués dans le sabotage du bâtiment. Cette fois, les journalistes commencent à dresser l'oreille. Qui sont donc ces Turenge ? A partir de ce moment, les événements vont se précipiter. Tandis que David Lange, le bouillant premier ministre néo-zélandais, parle d'un attentat perpétré par des éléments extérieurs, on découvre que les deux Suisses arrêtés et bientôt inculpés sont porteurs de faux passeports, ils sont en réalité Français. 

👀   Il y a 35 ans, le scandale du Rainbow Warrior | France Info - INA

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Encore quelques jours et David Lange déclare : "Je sais qui a commis l'attentat". Tous les regards se tournent vers la France. François Mitterrand exige une enquête rigoureuse. La presse, qui va jouer un rôle considérable, met les bouchées doubles. Elle révèle la véritable identité des faux époux Turenge et leur appartenance à la DGSE, notre service de renseignements. On apprend aussi que le Rainbow Warrior devait effectuer une campagne dans le Pacifique Sud contre les expériences nucléaires françaises. Notre pays avait donc un mobile. 

Mais le ministre de la Défense, Charles Hernu, nie avec la plus grande énergie. Toutefois, les journalistes poursuivent leurs investigations pendant qu'en Nouvelle-Zélande, les policiers qui ont reçu le concours de leurs collègues français, découvrent des preuves accablantes de l'implication de nos agents secrets. L'épilogue provisoire, on le sait, sera la double démission de Charles Hernu, qui a nié jusqu'au bout, de l'amiral Lacoste, directeur général de la DGSE, et l'aveu, par le premier ministre Laurent Fabius, de la responsabilité de la France et de ses services secrets. 

Mais que s'est il réellement passé ? Monsieur X dans un instant nous révèle ce qu'il sait. 

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  • Maxwell Farrington & Le SuperHomard  We, us the pharaohs
  • Pulp This is Hardcore (original version)
  • Axelle Red  Rester Femme

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