Devenir le gendarme d'internet ? Non merci !

"Je n'arriverai pas avec un képi" et "je ne suis pas demandeur d'un pouvoir de sanction". C'est ce qu'explique ce matin Olivier Schrameck dans les colonnes du Figaro. Leprésident du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) prône plutôt une "autorégulation d'internet". Pas d'accord donc, avec le rapport Lescure qui souhaite donner au CSA le pouvoir d'infliger des amendes de 60 euros aux adeptes du téléchargement illégal. Pas envie, finalement, de passer pour "l'ennemi de la sphère internet". Le gouvernement chercherait donc une alternative. Hier, le site Slate.fr racontait que la CNIL, Commission nationale de l'informatique et des libertés n'a pas envie non plus d'hériter de la casquette répressive.

Une monnaie numérique devient "banque de la cybercriminalité"

Son nom : Liberty Reserve. Création : 2006 au Costa Rica. Un million d'usagers dans le monde. Accusation : avoir blanchi 6 milliards de dollars en l'espace de quelques années. Les Etats-Unis parlent de la plus importante affaire de blanchiment traitée par le pays. 7 responsables inculpés. Avec cette plateforme de paiement en ligne, l'argent est envoyé anonymement. Sans savoir où ni à qui. Sans aucune réglementation. De l'argent lié par exemple au trafic de drogue ou à la fraude aux cartes bancaires.

6% des jeunes se disent "cyber-harcelés" en France

C'est l'une des conclusions de Catherine Blaya, professeur en Sciences de l'éducation à l'Université de Nice Sophia-Antipolis qui est également présidente de l'Observatoire international de la violence à l'école Elle vient de publier un livre sur "les adolescents dans le cyberespace". Revue des usages, des risques, et des solutions à apporter pour mieux les protéger.

Extrait d'un clip de prévention de l'association E-enfance.

Vidéo de prévention d'E-enfance
Vidéo de prévention d'E-enfance ©

6% des jeunes donc cyber-harcelés, à coup de mails désagréables, de lynchage sur les blogs, forums et réseaux sociaux et de textos ou d'appels avec parfois, on le sait, des conséquences tragiques. La faute à qui? Les parents ont un rôle à jouer pour Catherine Blaya. Ne plus diaboliser, ne plus dire aux jeunes "c'est le royaume du superficiel et des insultes, c'est dangereux". "Mauvaise piste", dit-elle. Cela empêche les jeunes de se confier. Ecoutez Catherine Blaya

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SANS DEC (2) Diabolisation**

Les parents ont un rôle à jouer : écoute et prévention. Les enseignants aussi.

Ecoutez Catherine Blaya

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SANS DEC (3) profs*

Alors oui, dit-elle, des choses (formations, interventions d'associations) se mettent en place petit à petit. Mais il faudrait, dit-elle, que ce soit généralisé.

Ensuite, en cas de problème, il y a des solutions :déjà ne pas répondre en insultant son agresseur. Parce que dans son libre, Catherine Blaya explique qu'1/3 des jeunes victimes sont aussi des agresseurs. Autre réflexe à avoir : prendre une capture d'écran. C'est l'avantage du net, obtenir des preuves n'est pas compliqué. Autre mesure à prendre : porter plainte et faire retirer les propos insultants par l'hébergeur.

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