Une publication récente suggère que des carences en vitamine C existent encore, notamment chez des diabétiques obèses.

Le scorbut, une maladie due à une carence de vitamine C
Le scorbut, une maladie due à une carence de vitamine C © Getty / BSIP

Le scorbut est une maladie due à une carence en vitamine C. À l'instar des grands singes, des cochons d’Inde et de quelques espèces de chauves-souris, nous sommes incapables de synthétiser cette vitamine. Heureusement pour nous, elle est présente en abondance dans les fruits et les légumes. Pour en manquer, il faut des circonstances extrêmes : même les inuits sur la banquise parvenaient à absorber suffisamment de vitamine C en consommant intuitivement certains poissons et de la peau de narval qui en contiennent !

Mais dans les bateaux des premiers explorateurs, les réserves de légumes étaient vite épuisées, et les marins souffraient d’hémorragies diverses, d’une grande fatigue, et voyaient leurs dents se déchausser : le scorbut est né avec la navigation au long cours. La Vitamine C était bien sûr inconnue à l’époque et il a fallu beaucoup de tâtonnement à nos aïeux pour trouver la parade empirique sous forme de jus de citron. En fait, le véritable vainqueur du scorbut est Nicolas Appert, qui en 1800, invente la stérilisation par chauffage d’un récipient hermétique ! Bien que la chaleur détruise une grand partie de la vitamine C, il en restait assez dans les boîtes de conserves de légumes pour protéger les marins du scorbut. Enfin, la vitamine C est identifiée en 1928 et reçoit le nom d’acide ascorbique du fait de ses propriétés ; sa synthèse permettra de faire définitivement disparaître le scorbut.

La publication de Jenny Gunton ne concerne pas vraiment le scorbut, mais un déficit partiel en vitamine C. La diabétologue australienne a constaté que des diabétiques obèses qui mangeaient peu ou pas de fruits et légumes présentaient des ulcères des jambes qui ne cicatrisaient pas. Elle a dosé leur taux sanguin de vitamine C et constaté une carence chez certains d’entre-eux. Un apport de vitamine C a permis de guérir ces plaies chroniques en quelques semaines.

C’est une information intéressante, quoique très préliminaire, pour la prise en charge des plaies chroniques chez les diabétiques obèses, mais elle demande à être confirmée et n’est en aucun cas généralisable : la carence en vitamine C est inexistante chez monsieur et madame tout le monde, d’autant que l’acide ascorbique est présent sous forme de conservateur (code E300) dans la majorité des aliments industriels. Donc, non, il n’y a pas de retour du scorbut, et il n’est pas non plus nécessaire ni utile de prendre de la vitamine C si on n’est pas un diabétique de plus de 100kg dont les plaies ne guérissent pas. C’est aussi l’occasion de rappeler qu’un diabétique ne doit pas se priver de fruits, bien qu’ils contiennent des sucres.

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