L'épidémie de rougeole qui a débuté en 2017 se poursuit en France, notamment dans le sud-ouest. La taux de vaccination des enfants français est insuffisant pour enrayer la diffusion de cette maladie infantile dont les complications peuvent être graves.

Rougeole, l'éternel retour ?
Rougeole, l'éternel retour ? © Getty / Kathleen Finlay

L'épidémie actuelle de rougeole a touché environ 3000 français depuis un an, essentiellement des enfants non vaccinés.

Une faible mortalité, mais des centaines d'hospitalisations

Si l'on parle de mortalité, la rougeole n'est à l’origine que d’un décès par an depuis 10 ans. Cela peut sembler modeste à côté des ravages de la rougeole en Afrique. Ce succès relatif est lié bien sûr à la vaccination, mais aussi à la qualité de notre gestion hospitalière des infections pulmonaires graves qui compliquent une rougeole sur vingt. En France, les rares décès sont généralement dûs aux complications touchant le système nerveux, heureusement rarissimes puisqu’elles concernent moins d’un malade sur mille.

Quels sont les symptômes de la rougeole ?

La rougeole n’est pas une partie de plaisir ! C’est une sorte d’énorme rhume avec une forte fièvre et une éruption généralisée de petits boutons rouges. Une conjonctivite et une  toux complètent le tableau. En pratique, vous avez la tête explosée et vous êtes dans un état misérable. Les jeunes adultes touchés en gardent généralement un souvenir cuisant.

Observe-t-on une recrudescence de la maladie ?

Non, et heureusement. On dispose des chiffres pour chacune des épidémies récentes, qui durent environ 2 à 3 ans  : 200.000 rougeoles pour l’épidémie qui a débuté en 1995, 20.000 pour les deux épidémies suivantes et enfin l’épidémie actuelle, qui a démarré en 2017 devrait plafonner à 5000 rougeoles. Pour mémoire, avant la vaccination, chaque épidémie touchait 1 à 3 millions d’enfants puisque tout le monde y passait ! La rougeole fait partie des maladies qui sont contagieuses avant que les symptômes n’apparaissent. Il est donc impossible de contenir les épidémies autrement qu’en vaccinant.

La France à la traîne

Il est anormal que la France soit toujours à la traîne en matière de vaccination contre la rougeole. D’autres pays beaucoup moins développés que le nôtre ont réussi à éradiquer cette maladie ! Malheureusement, la crainte des vaccins est très importante dans l'hexagone, et pas uniquement à cause des antivaccinaux : la communication institutionnelle française sur les vaccins a été et reste encore dramatiquement paternaliste. Elle alimente la défiance du public et apporte du crédit aux thèses complotistes comme celle qui voudrait que ce vaccin favorise l’autisme, ce qui est absolument faux

Les deux vaccins français contre la rougeole, le ROR et le PRIORIX ne renferment aucun adjuvant. Ils contiennent des virus vivants mais affaiblis, qui provoquent une infection inapparente et bénigne. Cette microinfection est suffisante pour générer des anticorps contre la rougeole qui feront barrière à la maladie 

Faut-il faire des rappels ?

En fait, ce ne sont pas vraiment des rappels comme pour les autres vaccins, mais une revaccination car il arrive que ce vaccin vivant ne “prenne pas”, c’est à dire qu’il ne provoque pas l’infection bénigne souhaitée. Avec deux injections, la probabilité d’un double échec devient infime. Si on a un doute sur le nombre d’injections reçues, il vaut mieux se revacciner, même à l’âge adulte, ce qui n’aura aucune conséquence néfaste s’il s’agit en fait d’une troisième injection.

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