Le fromage, bourré de graisses animales saturées, est déconseillé depuis un demi-siècle par les cardiologues. Or, une analyse récente le réhabilite définitivement : la consommation de fromage protège le coeur et le cerveau !

Une étude scientifique récente démontre les vertus de la consommation de fromage sur le cœur et le cerveau
Une étude scientifique récente démontre les vertus de la consommation de fromage sur le cœur et le cerveau © Getty / Helen Cathcart

On aurait pu s'en douter puisque les Français sont à la fois les champions de la consommation de fromage et du faible nombre d'infarctus. Il ne s’agit pas d’une énième étude contredisant les publications précédentes ; c’est une synthèse, une meta-analyse, réalisée à partir des meilleures études prospectives occidentales, c’est à dire les plus fiables comme je vous l’expliquais la semaine dernière à propos du glyphosate.

C’est une nouvelle fissure, pour ne pas dire une crevasse dans la théorie du méchant cholestérol lié à la consommation de graisses animales saturées. On peut d'ailleurs voir ou revoir à ce sujet le documentaire d’Anne Georget “Cholestérol le grand bluff”, qu’ARTE a rediffusé la semaine dernière, et qui a reçu le prix du public lors du dernier festival Pariscience. Il est disponible en replay sur le site d’Arte jusqu’à Noël

Ce qui frappe dans l'article publié cette semaine dans le très sérieux European Journal of Nutrition, c’est la rigueur de la méthodologie de cette meta-analyse. Les Dr Chen, Wang, Tong et leurs collègues décrivent chacune des étapes de leur travail avec précision, sans doute à la demande des relecteurs, car cela fait presque deux ans qu’ils ont soumis leur manuscrit à l’éditeur. Sur ces sujets qui fâchent, les navettes entre les auteurs et les relecteurs critiques sont souvent nombreuses.

Ce travail fondamental fera date dans le débat sanitaire sur la consommation de fromages

Il manque malheureusement une analyse par type de fromage

La principale limitation de ce travail est l'absence d'analyse par type de fromage. Au vu du gradient de mortalité cardiovasculaire lorsque l’on s’éloigne de la Méditerranée, il est tentant de croire qu’un fromage de chèvre ou de brebis sera plus protecteur qu’un Camembert ou un Emmental, mais à ce jour, aucune preuve ne vient étayer cette hypothèse. 

Si vous voulez échapper aux huîtres et au foie gras pour le réveillon, tentez le grand plateau de fromages en plat unique, accompagné d’un assortiment de salades vertes et de pains variés ; le fromage n’est jamais aussi bon que lorsque l’on a faim, et en plus on se soigne !

Source scientifique

Chen, GC., Wang, Y., Tong, X. et al. Eur J Nutr (2017) 56: 2565.
doi.org/10.1007/s00394-016-1292-z

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