L'affaire du médicament Levothyrox prend de l'ampleur. Les centres de pharmacovigilance qui sont spécialisés dans le suivi des effets indésirables des médicaments sont débordés.

Quel lien entre l'affaire Levothyrox et l'affaire Mediator ?
Quel lien entre l'affaire Levothyrox et l'affaire Mediator ? © AFP / Alain Pitton / NurPhoto

Le Docteur Dupagne avoue avoir ri en lisant un tweet du compte parodique @JeSuisBigPharma :

Pour apprécier l’humour de ce tweet, il faut se souvenir qu’Anne Jouan a joué un rôle fondamental dans l’affaire Mediator en la révélant dans le Figaro, et elle a donc publié mardi un article sans pitié pour l’ANSM à propos du Levothyrox. Il serait bien sûr malvenu de comparer la gravité de l'affaire du Levothyrox avec celle du Mediator.

Même si par pure coïncidence, nous avons appris mardi que l’Agence du Médicament sera renvoyée en correctionnelle aux côtés de Servier. Mais il existe des liens entre les deux affaires, notamment concernant les recueils des déclarations d'effets indésirable des médicaments par les centres régionaux de pharmacovigilance.

La nouvelle formule du Levothyrox paralyse la pharmacovigilance française

Le fonctionnement du système français de pharmacovigilance a justement été modifié par Marisol Touraine à la suite de son incapacité à détecter la toxicité du Mediator. La grande nouveauté mise en place au printemps est la possibilité pour les patients de déclarer eux-mêmes tout effet indésirable qu’ils attribuent à la prise d’un médicament sur un site internet dédié.

L’idée est bonne dans son principe, car le problème actuel est celui d’une sous-déclaration par les médecins. Mais les services de la Ministre et l’ANSM ont voulu trop en faire et semblent avoir négligé un vieil adage : trop d’info tue l’info ! A trop ouvrir la porte et en l’absence de filtrage, le site a recueilli une masse de déclarations peu exploitables qui ont paralysé les centres de pharmacovigilance en quelques semaines.

Les mécontents se sont donnés le mot et les centres régionaux qui doivent traiter tous les dossiers sont débordés. Ils ont déclaré à Anne Jouan qu’ils n’arriveront pas à traiter toutes les déclarations. Pire, des effets indésirables graves concernant d’autres médicaments risquent d’être mal détectés.

Enfin, Anne Jouan enfonce le clou en prédisant à Agnès Buzyn que le pire est à venir : lors de la mise en place de l’obligation vaccinale étendue, les déclarations d’effets indésirables vont encore augmenter. Des mesures urgentes s’imposent pour éviter le chaos. Il faut repenser en au plus vite les procédures de traitement des déclarations d’effets indésirables.

Quant au Levothyrox, le docteur Dupagne expliquera la semaine prochaine pourquoi l’ANSM ne pourra pas échapper à une recommercialisation transitoire de l’ancienne formule qui reste utilisée dans d’autres pays, et en quoi cette affaire place le projecteur sur la validation des médicaments génériques en France.

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