Quelles sont les personnes concernées par la publication du JAMA qui ne trouve aucun effet préventif sur les fractures osseuses d'un supplémentation en calcium et/ou en vitamine D ? Dominique Dupagne revient sur la population concernée par ces surprenants résultats négatifs

Le 4 janvier 2017, le Dr Dupagne présentait les résultats d'une meta-analyse qui ne retrouve aucun bénéfice à prendre du calcium ou de la vitamine D pour renforcer ses os. Suite à de nombreuses questions et réactions sur les réseaux sociaux, il apporte des détails sur la portée de cette étude.

Quelle était la population étudiée ? C’est parfois important quant on sait par exemple que les asiatiques ont souvent un métabolisme différent du nôtre. Mais si les auteurs de la publication du JAMA sont chinois, les études dont ils ont réalisé la synthèse portent sur des patients en grande majorité européens. Nous sommes donc “ethniquement” concernés.

Vient ensuite l’âge des sujets inclus dans les études : ils avaient tous plus de 50 ans, et leur âge moyen tournait autour de 70 ans, donc, tout à fait dans la "cible", de ce type de traitement en France.

Le mode de vie, enfin, est sans doute l’élément le plus important : tous ces sujets vivaient chez eux, et non en maison de retraite (EHPAD). Et cet élément est important car chez les personnes âgées dépendantes , nous avons d’autres études qui montrent au contraire un bénéfice léger, mais réel de l’apport de vitamine D et de calcium sur le risque de fracture.

Et si l'on manque de vitamine D ?

Comme il le précisait dans sa dernière chronique, Dominique Dupagne rappelle que le taux sanguin de vitamine D reflète mal les stocks de l’organisme et que son dosage présente donc peu d’intérêt. Néanmoins, l’analyse des chercheurs a aussi porté sur des sous-groupes de sujets, et notamment ceux dont le taux sanguin de vitamine D initial était inférieur à 20 ng/ml, c’est à dire considéré comme très bas : les résultats d’un apport de vitamine D et ou de calcium ne sont pas meilleurs dans cette population, pas plus d’ailleurs  que chez les sujets déjà victimes de fractures. La portée de ces données est donc particulièrement large.

Mais alors finalement, qui n’est pas concerné ?

En dehors des personnes âgées dépendantes vivant en EHPAD, cette étude ne concerne pas les sujets ayant longtemps pris de fortes doses de cortisone, ce qui provoque une ostéoporose particulière, ou ceux prenant déjà d’autres médicaments luttant contre l’ostéoporose, à commencer par le traitement hormonal de la ménopause (qui est d’ailleurs censé suffire à protéger les os des femmes).

En dehors de ces cas, il n’existe donc aucun argument pour prendre de la vitamine D et du calcium en prévention des fractures osseuses. 

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.